Grand Paris : la gauche laisse son unité à quai

© Libération. Tonino Serafini

Transports . Les écologistes franciliens reprochent à Jean-Paul Huchon son accord avec le gouvernement.

La majorité de gauche au conseil régional d’Ile-de-France s’est fissurée sur la question cruciale des transports. Certes, chacun s’accorde à dire qu’il s’agit d’un dossier ultraprioritaire pour un territoire de 11,5 millions d’habitants au bord de la congestion. Certes, l’Etat et le conseil régional discutaient depuis de longs mois des termes d’un compromis. Mais dans la dernière ligne droite de la négociation, le président (PS) de la région, Jean-Paul Huchon, n’est pas parvenu à obtenir l’adhésion des élus Europe Ecologie-les Verts (EELV), à l’accord scellé mercredi avec l’Etat.
Qualifié d’«historique» par Maurice Leroy, le ministre chargé du dossier du Grand Paris, il prévoit 32,4 milliards d’euros d’investissements en faveur des transports franciliens d’ici à 2025. Un tiers de la somme (11,9 milliards) serait consacré à l’amélioration des transports existants au bord de la saturation. Les deux autres tiers (20,5 milliards) à la création d’un métro express dans les territoires enclavés (comme Clichy-sous-Bois et Montfermeil, en Seine-Saint-Denis) ou très mal desservis. Jean-Paul Huchon a signé en grande pompe avec Maurice Leroy. Mais Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, chefs de file des élus EELV à la région, jugentce projet «déconnecté des urgences et des préoccupations des Franciliens». Le nombre de gares prévues est, selon eux, insuffisant pour assurer «un bon maillage et une bonne desserte au regard des besoins des habitants des territoires enclavés». Autre critique : «Le financement sur quinze ans est incertain». Dernier coup de bambou : «La précipitation et la forme de l’annonce» font craindre «une opération de communication». On suppute que la rupture est consommée sur ce dossier, entre Huchon et ses alliés EELV.
En fait, pas vraiment. «Nous sommes pour un accord avec l’Etat», expliquait hier à Libération Cécile Duflot, rappelant que son groupe a beaucoup œuvré dans ce sens au cours des derniers mois. Pour elle, «la situation des transports franciliens relève de l’urgence». A ses yeux, il convient de modifier le projet : «On veut faire progresser le document signé avec l’Etat. Il est inabouti.»
Au PS, on dédramatise aussi. «Sur le fond, tout le monde est à peu près d’accord»,pointe Christophe Borgel, conseiller régional. Le compromis trouvé avec l’Etat, est, selon lui, de «bonne facture». Il reprend de nombreuses propositions du Plan de développement des transports de la région. Certains élus du PS voyaient dans ce clash certaines «maladresses» de la part de Huchon à l’égard des écologistes. Une réunion de la majorité doit se tenir la semaine prochaine.

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