Les Verts et les communistes bloquent le Grand Paris

© Le Figaro. Sophie de Ravinel

Le ministre de la Ville Maurice Leroy souhaitait signer dès cette semaine l’accord déjà rédigé dans ses grandes lignes.

Le président socialiste Jean-Paul Huchon, favorable à l’accord entre l’État et la région Ile-de-France, s’est retrouvé face à une opposition ferme des conseillers de sa propre majorité régionale. Valérie Pécresse et le patron de la RATP déplorent l’attitude des Verts.

L’accord entre l’Etat et la région Ile-de-France sur les transports du Grand Paris pourrait bien ne pas être signé avant les cantonales, affirment les communistes et les Verts du Conseil régional. En charge du dossier présidentiel, le ministre de la Ville Maurice Leroy souhaitait signer dès cette semaine l’accord déjà rédigé dans ses grandes lignes, illustrant la convergence des deux projets de métro automatique: l’Arc express proposé par la Région et la double boucle de l’Etat lancée par Christian Blanc, l’ancien ministre du Grand Paris. L’annonce de l’événement était même encore inscrite, mardi matin, au programme du Conseil des ministres du lendemain. Mais ce même mardi matin, lors d’une réunion de l’exécutif régional, le président socialiste de la région, Jean-Paul Huchon, favorable à l’accord, s’est retrouvé face à une opposition ferme des conseillers Verts et de la gauche radicale.«La majorité des socialistes étaient comme nous totalement opposés à la signature d’un accord», soutient un des élus, jugeant que Jean-Paul Huchon agit «dans une précipitation incroyable» et «surtout, dans la main du gouvernement». «Pas question de signer cet accord, juge un autre, alors que nous manquons totalement d’informations concrètes sur la gouvernance, le financement et le tracé du projet».

Président du groupe Front de Gauche à la Région, Gabriel Massou confirme une réunion d’ exécutif «compliquée» mardi, suivie, jeudi matin, d’une réunion des six présidents des groupes de la majorité pour tenter de trouver une issue. «Le travail avec Maurice Leroy se poursuit, affirme-t-il, pas question de l’interrompre. Un groupe de suivi va d’ailleurs être constitué pour aller dans le détail des sujets». Mais selon lui, il n’est « pas question» d’un accord dans les prochains jours, comme le souhaite le ministre. «Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation», indique Gabriel Massou. «La commission du Débat Public aura deux mois pour rendre ses conclusions après la fin des débats, fin janvier, nous allons donc nourrir leurs conclusions avec nos avis».

«Une très forte pression»

Mais le président du groupe reconnaît que sa volonté de freiner n’est pas seulement d’ordre technique, mais aussi politique. «Un accord Etat-Région et droite-gauche ne serait pas très lisible dans les territoires alors que l’on commence la campagne des cantonales», indique-t-il. Contrairement à d’autres élus de la majorité opposés à l’accord, il refuse de considérer que la sanction d’inéligibilité que fait planer le Conseil d’Etat contre Jean-Paul Huchon du fait d’une campagne de communication menée dans les six mois précédant les Régionales- puisse l’inciter à signer rapidement un accord avec le gouvernement. «Je crois plutôt, dit Gabriel Massou, que Maurice Leroy exerce une très forte pression».

Jeudi, le ministre de la Ville a dit espérer une signature dès mercredi prochain. «Normalement, si tout va bien», a-t-il indiqué après avoir reçu dans la matinée le président communiste du Conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier. «Nous nous sommes globalement accordés sur le tracé à l’Est, en lien avec la Seine-Saint-Denis», a indiqué Leroy. Le ministre du Grand Paris connait cependant les blocages et s’en agace: «Je sais bien que les Verts sont le problème! Sans eux l’accord serait déjà signé! Mais que voulez-vous que je fasse, ce n’est pas à moi de faire la police au Conseil régional», a-t-il lancé. Mercredi prochain, le débat public sur le transport prévu à Saclay, zone importante de tension sur le tracé du transport en particulier entre les Verts et l’Etat – risque d’être mouvementé.

Présidente du groupe des verts à la régon, Cécile Duflot s’est montrée très claire jeudi soir à l’heure des voeux de Huchon : «Nous sommes opposés à l’idée d’un métro de Saclay, ce n’est pas un espace à urbaniser». Ministre de l’enseignement supérieur en plus d’être à la tête gu groupe UMP à la région, Valérie Pécresse est absolument furieuse. Elle veut rassembler sur le plateau de Saclay d’ici 2015 20% de la recherche nationale française. «Historiquement, les Verts ont toujours bloqué les projets ambitieux de notre région, rappelle-t-elle. Mais là ils seraient à contre-courant de l’histoire». Président de la RATP, Pierre Mongin renchérit : «Il y a une attente très forte des Franciliens et ceux qui les font attendre en paieront les conséquences». Pour sortir de cette crise, une seule solution : rédiger un accord dans lequel il serait écrit simplement qu’une «liaison» existerait entre Massy et Saclay, sans préciser sa nature.


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