Roland Castro appelle à aménager les zones inondables d’Ile-de-France

© Le Monde. Isabelle Rey-Lefebvre

En cette année du centenaire de la crue de la Seine de janvier 1910, l’architecte Roland Castro suit son idée d’aménager et construire dans les zones inondables, notamment en Ile-de-France, et en a convaincu le promoteur Nexity, qui publie une étude intitulée Vivre le fleuve« D’ici vingt ans, l’Ile-de-France comptera 4 millions d’habitants de plus, qu’il faudra bien loger, et le terrain libre manque », remarque Jean-Luc Poidevin, président de Villes & Projets, filiale de Nexity.

Or, les huit plans de prévention du risque inondation (PPRI) – un par département francilien – ont gelé l’urbanisation de quelque 600 km classés en zone inondables, répartis sur 322 des 1 300 communes environ que compte la région. Soit six fois la surface de Paris. L’idée de Roland Castro peut paraître provocatrice, notamment après la tempête Xynthia, le 28 février, qui a causé la mort de 28 personnes dans des lotissements implantés dans de telles zones, mais elle n’est pas irréaliste. « Arrêtons de considérer l’inondable comme non constructible, argumente l’architecte. Des pays comme les Pays-Bas et de grandes villes comme Amsterdam, Londres ou Hambourg, ont su construire en zone inondable. Ce principe de précaution nous prive du meilleur du territoire et d’un capital poétique énorme. Il ne s’agit pas de nier le risque, mais de s’en accommoder, en prévoyant en rez-de-chaussée et en sous-sols des parkings et des espaces publics et de loisirs qui supportent d’être immergés. » Selon Roland Castro, Paris s’est construit autour du fleuve et la Seine y est « mise en scène dans un dialogue avec les grands monuments », mais dès que l’on passe le périphérique, les abords du fleuve « sont abandonnés : c’est l’arrière de la ville, qui accueille les activités industrielles, les entrepôts… »

Incohérences

En outre, aucune commune de banlieue, à l’exception de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), n’enjambe le fleuve, ce qui limite le « dialogue urbain » et crée parfois des incohérences dans la réglementation, une berge étant ici constructible, l’autre pas. Roland Castro déplore d’ailleurs le manque de liens entre rives : « La capitale compte 37 ponts, soit en moyenne un tous les 350 mètres, mais dès que l’on passe en banlieue, cet intervalle passe à 1 kilomètre en proche couronne, 2 au-delà et 5 dans les Yvelines. Il faut multiplier les franchissements. Et pourquoi ne pas construire des ponts habités qui deviendraient des lieux de vie ? » La réflexion en cours sur le Grand Paris ou Paris Métropole a d’ailleurs montré aux élus qu’il leur fallait penser l’urbanisation en sortant des frontières de leurs communes respectives.

 

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