Les architectes tentent de sortir le « Grand Paris » de l’ornière

© Nouvelobs.com avec AP

Les architectes travaillant sur le « Grand Paris » tentent de sortir de l’ornière le projet d’aménagement de la région capitale en proposant une convergence entre les schémas de l’Etat et de la région Ile-de-France.

Le Grand Paris, dont Nicolas Sarkozy veut faire un projet majeur de son quinquennat, est ralenti par la concurrence entre deux projets de métro automatique : l’Elysée défend un « grand huit » (130 km) reliant les aéroports à des pôles économiques futurs ou existants et la région socialiste a adopté Arc Express, un métro de 60 km en rocade de la petite couronne.

Les tracés des deux anciens projets concurrents (AFP)
Les tracés des deux anciens projets concurrents (AFP)

 

Deux débats publics se poursuivent en parallèle mais l’esprit de confrontation qui freine ce projet depuis deux ans semble avoir fait place à la conciliation depuis la rentrée.

« Le redémarrage du Grand Paris »

Les dix architectes et urbanistes de l’Atelier international du Grand Paris (AIGP) ont affiché leur optimisme jeudi en présentant leur approche dans leurs locaux du Palais de Tokyo.

« À mon avis c’est le redémarrage du Grand Paris », s’est réjoui Roland Castro, parlant d' »événement quasi-fondateur ».

« Pour moins d’un million d’euros, on a évité de perdre dix milliards d’euros dans une connerie technocratique. »

Une façon pour l’architecte, militant et utopiste assumé, de dire que les intellectuels peuvent sauver un projet menacé d’enlisement par les querelles politiciennes.

L’AIGP prend soin de ne pas parler de projet mais d’une « méthode pour penser la mobilité de demain ». L’Atelier dit avoir pensé sa contribution bien au-delà du système de transport.

Son scénario « fédère les différents projets existants », a vocation à être amendé et repose sur trois principes, explique l’AIGP : assurer un maximum d’interconnexions entre les réseaux, y compris autoroutiers, s’appuyer sur les réseaux existants en augmentant leur efficacité et desservir tous les territoires.

« Eléments perturbateurs »

En dix ans, l’Atelier veut transformer les RER en véritables métros, cadencés et s’arrêtant à toutes les gares, créer ou prolonger quatre autres lignes au-delà du périphérique, aménager des voies propres aux transports en commun sur trois autoroutes, et faire jaillir de terre trois nouvelles lignes express reliant les aéroports et des pôles économiques.

Dix gares TGV interconnectées seraient les portes d’entrées de ce Grand Paris.

Objectif : convaincre que « l’apport de la région et de l’Etat sont non pas antinomiques mais complémentaires », selon les mots de l’architecte-urbaniste Yves Lion.

« C’est plus une méthode de rapprochement qu’un nouveau projet », juge Pierre Mansat, adjoint communiste à la mairie de Paris chargé de Paris Métropole, qui regroupe 170 collectivités franciliennes de toutes tendances politiques.

« Il faut vous féliciter pour cette irruption », a dit Pierre Mansat aux architectes. « C’est un élément perturbateur, il faut le considérer comme tel, (qui) va peut-être permettre le rapprochement et la convergence. »

Le président d’Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a déjà présenté lundi un projet rapprochant Arc Express et le grand huit, pour un coût d’environ 30 milliards d’euros d’ici 2025.

Ironie du sort, le Grand Paris semble à nouveau réalisable alors que Nicolas Sarkozy a cessé d’en faire une priorité.

Le président n’a plus communiqué sur le sujet depuis la défaite de la droite aux élections régionales et le Grand Paris valse entre les ministères : il est passé lors du remaniement de dimanche de l’Aménagement du Territoire, dirigé par le centriste Michel Mercier, à la Ville, sous la responsabilité du centriste Maurice Leroy.

Depuis que Christian Blanc, secrétaire d’Etat au Développement de la région capitale, a disparu en juillet pour avoir utilisé les deniers publics pour acheter ses cigares, l’Elysée semble avoir le souci de confier le dossier à un homme de compromis.

En séance au conseil régional jeudi, Jean-Paul Huchon a dit avoir reçu des signes de conciliation de Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée.


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