« Villes durables », villes désirables ?

© Libération, Anne-Marie FÈVRE

A Paris, la fondation EDF confronte la densité urbaine et l’étalement pavillonnaire.

C’est le point d’interrogation qu’il faut noter dans le titre de l’exposition « Villes rêvées, villes durables ? » présentée à Paris, à l’Espace fondation EDF. Car celle-ci questionne, plutôt qu’elle assène, mettant en balance deux ennemis, l’infernal étalement urbain pavillonnaire et la densité verticale invivable de la ville.

Avec la scénographie éclairante du designer Gilles Belley, les urbanistes Eric Charmes et Taoufik Souami reviennent sur le rêve d’unité d’habitation avec Firminy (Loire) de Le Corbusier, modèle perverti qui a fait long feu. Ils décryptent les anciennes cités-jardins et les récents éco-quartiers, tels que Hammarby à Stockholm. « La ville dense protégerait-elle mieux l’environnement », se demandent-ils ? Pas sûr, avec le « phénomène barbecue » ! Car les habitants des centres très peuplés, souvent aisés, sont mobiles, partent à la campagne, voyagent, donc polluent plus. Faut-il plutôt créer des réseaux multipolaires, à la fois concentrés mais très reverdis ? Exemples à la clé de nouveaux « villages dans la ville », comme Poundbury en Grande-Bretagne, les idées reçues sont traquées avec pertinence par ces deux têtes chercheuses. Un débat utile pour le Grand Paris.

Parallèlement, cinq jeunes architectes livrent des carnets de voyages prospectifs. Cécile Leroux a arpenté La Nouvelle-Orléans en quête de résilience et de reconstruction après l’ouragan Katrina. Raphaëlle Goulet revient du Mexique où elle a analysé la ville autoconstruite. « Celle qui change de visage au jour le jour et survit par l’adaptation permanente. »

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