Les ingénieurs restent mobilisés sur le Grand Paris

© Le Figaro, Cyrille Lachèvre

La fédération Syntec est prête à saisir le Conseil de la concurrence si les marchés ne sont pas assez ouverts.

Voté par l’Assemblée nationale il y a deux semaines, le projet de loi sur le Grand Paris, qui doit être examiné par le Sénat au début de l’année prochaine ne satisfait toujours pas pleinement les entreprises. «Nous sommes évidemment favorables à tout ce qui peut stimuler la croissance du Grand Paris», indique Jérôme Dubus, délégué général du Medef Ile-de-France. Mais l’organisation patronale maintient son point de vue initial : «Penser les transports à horizon d’une vingtaine d’années ne doit pas conduire les pouvoirs publics à délaisser les besoins à court terme.» Pour Jérôme Dubus, l’urgence reste la modernisation des RER B, C et D, le prolongement d’Eole jusqu’à la Défense ou de la ligne 14, «afin de soulager la 13». De son côté, l’association Paris Ile-de-France Capitale économique, globalement satisfaite d’un texte qui reprend plusieurs de ses propositions, insiste sur le respect des délais. «Il est important que le Sénat maintienne le principe d’une réduction des délais de procédure pour que les chantiers puissent être lancés rapidement», estime son président, Thierry Jacquillat.

Pas d’appel d’offres pour certaines missions.

Mais le sujet qui suscite le plus d’opposition est d’ordre juridique. La fédération professionnelle des ingénieurs, Syntec Ingénierie, continue à mener la fronde contre les articles 14 et 15 du texte qui offrent en effet la possibilité à la société du Grand Paris d’attribuer de gré à gré une partie de la maîtrise d’ouvrage du futur réseau de transport automatique.

Sous la pression de la fédération, les députés ont rétabli le principe d’une mise en concurrence pour la maîtrise d’ouvrage, mais le texte prévoit tout de même que certaines parties pourraient être attribuées sans appel d’offres à la RATP, la SNCF ou RFF pour des raisons techniques particulières (sécurité, interopérabilité…). «Nous comprenons que ces entreprises puissent réaliser certaines missions d’études très spécifiques, mais il est complètement archaïque qu’elles en aient le monopole ou l’exclusivité», estime Karine Leverger, déléguée générale de Syntec Ingénierie. La fédération a rencontré un responsable de la DG marché intérieur, à Bruxelles, et s’apprête à solliciter l’avis du Conseil de la concurrence, en France. Pour Jérôme Dubus, le gouvernement doit clarifier cette question : «Il faut éviter qu’au moment de passer les appels d’offres, des recours juridiques ne retardent le projet », prévient-il.

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