Sarkozy rassure les architectes sur sa vision du Grand Paris

© Le Parisien, AFP

Nicolas Sarkozy a réaffirmé mardi son ambition de faire du Grand Paris un modèle de la métropole durable du futur, avec la volonté de rassurer les architectes qui ont planché sur le projet et craignaient qu’il ne se limite plus qu’aux seuls transports.
Depuis quelques semaines, le courant ne passait plus. Il y a neuf mois, dix prestigieux cabinets internationaux avaient présenté au chef de l’Etat leurs visions sans entrave de la capitale du XXIe siècle et étaient ressortis de l’Elysée enthousiastes.

// « Formidable », « remarquable », « très constructif », avaient salué les architectes.
L’euphorie n’a pas duré. Le premier projet de loi estampillé Grand Paris, qui vient d’être voté par les députés, a fait la part belle à la construction d’un métro automatique d’une centaine de kilomètres autour de Paris, mais est resté muet sur les projets des architectes.
Et surtout, leurs relations avec leur interlocuteur au gouvernement, le secrétaire d’Etat Christian Blanc, sont devenues très orageuses. Les hommes de l’art lui ont reproché son manque d’écoute ou de préférer un métro souterrain à leur projet aérien censé « créer du lien social ».
A la tête de la contestation, Jean Nouvel a crié à « l’erreur de casting » et demandé le départ du secrétaire d’Etat.
C’est dans ce climat de défiance que Nicolas Sarkozy a reçu les architectes avec l’intention d’apaiser leurs craintes. Pendant une heure, le président leur a répété que le Grand Paris était « d’abord une vision, celle d’une métropole attractive, durable » conjuguant, selon le mot de Victor Hugo, « le vrai, le beau, le grand » auquel il a rajouté « le juste ».
Il leur a annoncé la création séance tenante de l’Atelier international du Grand Paris, où ils travailleront de concert et dont ils constitueront le « conseil scientifique ». Cette structure sera « le cadre et le creuset » de la « construction collective » du Grand Paris, leur a promis le président en même temps que des moyens.
Pour éviter tout nouveau malentendu, il est convenu de revoir les architectes tous les trois mois, pour faire le point de leur travaux. « On va déjeuner tous les trois mois avec lui, on va lui raconter où en est le projet (…) ce sera un rituel », s’est réjoui Roland Castro.
« Je suis rassuré », a confié Jean Nouvel, « je crois qu’on va pouvoir proposer quelque chose qui soit une véritable révolution dans la façon de concevoir l’urbanisme d’une métropole ». « On avait des interrogations, beaucoup sont levées », a abondé Michel Cantal-Dupart, « il nous a redit que le Grand Paris serait beaucoup plus large qu’un métro automatique ».
« Il y a deux fois où la France a été mondiale du point de vue urbain. Louis XIV et Haussmann », selon Roland Castro. « Là, on s’est donné l’ambition d’une métropole égalitaire », a-t-il ajouté, « c’est une utopie concrète (…) un projet comme la nuit du 4 août, la sécu ou les congés payés ».
Christian de Portzamparc a tenu à tirer un trait sur la polémique avec Christian Blanc. « En réalité, il nous demandait de nous organiser et, pendant trois mois, nous-mêmes architectes n’étions pas très au clair et ne l’avons pas fait », a-t-il concédé.
« Il n’y a pas de tension », a confirmé le secrétaire d’Etat, « tout le monde travaille sérieusement et dans la cohérence ».
A vérifier fin janvier lors du prochain rendez-vous fixé par Nicolas Sarkozy a « ses » architectes. Le coup d’envoi officiel des travaux de l’Atelier international, au palais de Tokyo.

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