Transports : les insuffisances du Grand Paris

© Le Parisien, Sébastien Ramnoux

Sans surprise, le projet de loi du Grand Paris, émanant du secrétaire d’Etat Christian Blanc, devrait être adopté aujourd’hui à l’Assemblée nationale, après trois jours de débat la semaine dernière.
Un vote qui ne suffira pas à dissimuler la virulence des critiques de la gauche et les doutes, parfois très forts, de nombreux élus de droite.
Avec cette loi, Christian Blanc propose de créer une double boucle de métro automatique de 130 km de long autour de Paris pour un coût de 21 milliards d’euros financé en grande partie par emprunts.

Ce super métro doit connecter les futurs grands pôles économiques d’Ile-de-France, dont celui de Saclay (dans les Yvelines et en Essonne), le seul inclus dans la loi actuelle.

 

« Des caricatures » Pour mener à bien ce projet de transport, Christian Blanc va créer une « société du Grand Paris », structure administrative toute puissante où l’Etat sera majoritaire et qui aura même compétence en matière d’aménagement autour des 40 gares envisagées sur le tracé du futur super métro. Ce point est très critiqué par la gauche qui y voit une volonté de l’Etat d’écarter les élus locaux.
Mais à l’occasion du débat, d’autres voix se sont élevées à droite, avec des premières critiques de « barons UMP » d’Ile-de-France comme Jean-François Copé. Certains élus pointent l’absence du Val-d’Oise dans le texte de loi. Surtout, le très respecté rapporteur du Budget, le député UMP du Val-de-Marne, Gilles Carrez, a pointé un blocage entre le gouvernement et les élus locaux. Il estime que le gouvernement se soucie trop de relier les « territoires stratégiques » et pas assez de résoudre les difficultés quotidiennes des Franciliens, en renforçant par exemple les transports domicile-travail.
Christian Blanc a dénoncé lui « des caricatures » de son projet, rappelant que son projet de réseau de transport concernera au moins 5 millions de personnes et sera interconnecté avec les RER et les Transilien.
Autre interrogation, l’absence remarquée dans le projet de loi des dix architectes internationaux qui avaient été mandatés par Nicolas Sarkozy pour réfléchir à la métropole parisienne du futur. Les relations se sont tendues avec Christian Blanc, Jean Nouvel demandant carrément sa tête. Hier, le Premier ministre François Fillon les a reçus personnellement.
Le gouvernement va créer une structure publique dédiée à l’aménagement du Grand Paris, avec laquelle les dix cabinets internationaux pourront collaborer.

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