Grand Paris : Fillon remet les architectes dans le jeu

© Le Figaro, Sophie de Ravinel

Nicolas Sarkozy inaugurait, en avril dernier, l’exposition du Grand Paris à la Cité de l’architecture et du patrimoine. Crédits photo : POOL/HAMILTON-REA.

Alors que le projet de loi de Christian Blanc a été adopté mardi par les députés, le premier ministre veut mettre plus de créativité dans le dossier.

Si le maire UMP de Saint-Maur-des-Fossés, Henri Plagnol, a voté contre le projet de loi Grand Paris, pour protéger sa ville du Val-de-Marne «d’une densification imposée par l’État», son confrère du même département, Gilles Carrez, a hésité, puis voté pour mais «contraint et forcé». Le maire UMP du Perreux a rendu en septembre un rapport sur le financement du projet de transports du Grand Paris. Il cherche avant tout «le consensus». Mardi, lors du vote solennel à l’Assemblée, l’élu a donc soutenu le projet du secrétaire d’État au Développement de la région capitale, Christian Blanc, adopté par 299 voix contre 216.

L’ambiance est terne autour du projet de loi qui devrait arriver en janvier au Sénat, et ce, reconnaît Plagnol, «malgré des avancées considérables» obtenues lors de l’examen du texte à l’Assemblée, la semaine dernière. Son angle presque exclusivement transports et le rôle fort joué par l’État dans la valorisation des zones proches des gares de la future grande boucle de métro inquiète les élus et ne suscite pas l’enthousiasme des foules. Une inquiétude à cinq mois des régionales.

Le gouvernement veut donc réinsuffler une énergie créatrice à ce Grand Paris. Et qui, mieux que les architectes peut remplir cette mission ? Problème : plusieurs d’entre eux, comme Jean Nouvel ou Paul Chemetov, ont dénoncé avec force le projet de loi et d’autres s’inquiètent de la place que leur réserve Christian Blanc, qui ne les a pas mentionnés, mardi dernier, dans son discours d’introduction à l’examen de son projet. Députée UMP de Paris, ¬Françoise de Panafieu s’est faite leur défenseur. «Non seulementles architectes ne sauraient être écartés, a-t-elle déclaré, mais ils doivent, tout comme les élus, être au cœur de l’histoire.»

Pour recoudre la tunique, François Fillon a reçu lundi à déjeuner, pour la première fois, les dix équipes qui ont œuvré, l’an dernier, à la création de dix projets sur l’avenir de la métropole. Un travail qui s’était conclu par une exposition au Palais de Chaillot inaugurée, le 29 avril dernier, par Nicolas Sarkozy. Matignon confirme : «Il faut entretenir le souffle et l’enrichir.» Il faut surtout trouver une place et un rôle aux architectes réunis dans un groupement présidé par Christian de Portzamparc, alors que certains ont déjà commencé à travailler sur tout ou partie de leurs projets, en ordre dispersé… Paris Métropole, avec la Ville de Paris, compte aussi, mi-décembre, leur passer commande d’idées sur le développement immédiat de la métropole.

Matignon ne veut pas que ce dossier lui file des doigts. Lundi, le premier ministre a donc annoncé la constitution du fameux Atelier international du Grand Paris, appelé de ses vœux par le président de la République en avril. Cet AIGP constitué de l’État – sous la tutelle des ministres Jean-Louis Borloo pour le transport et Christine Albanel pour la culture – et des collectivités locales, déjà doté d’un budget de 2 millions d’euros, va déterminer les projets et lancer les appels d’offres. Le groupement des architectes, qui devrait être installé au Palais de Tokyo par Nicolas Sarkozy le 14 décembre, pourra y répondre, comme tout autre cabinet.

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