Le Grand Paris à l’épreuve de l’Assemblée nationale

© Le Figaro, Sophie de Ravinel

Crédits photo : Le Figaro

Le projet de loi défendu par Christian Blanc, secrétaire d’État au Développement de la région capitale, suscite des craintes à droite et de vives critiques à gauche.

Y a-t-il urgence sur le Grand Paris ? Le gouvernement en est convaincu. Les parlementaires nettement moins. Examiné depuis mardi soir à l’Assemblée nationale, le projet de loi du secrétaire d’État Christian Blanc sur le développement de la métropole francilienne a fait l’objet d’une procédure accélérée – une seule lecture par Chambre – à la demande du premier ministre.

Mais le président UMP de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et le patron des députés UMP, Jean-François Copé, ont demandé la levée de cette disposition avec le soutien du président du Sénat, Gérard Larcher. La requête, transmise dans une lettre à François Fillon, n’a pas eu d’écho positif à Matignon. Pour le premier ministre, pas question de tourner casaque. On souligne que «le Grand Paris doit être lancé au plus vite et ne pourra démarrer sans la base juridique solide apportée par la loi». Cette procédure d’urgence a été vivement dénoncée par l’opposition, la députée PS de Paris Annick Lepetit en tête. Mais l’urgence inquiète et agace aussi les élus de la majorité présidentielle qui ont été nombreux à critiquer le texte. Ce qui ne les a pas empêchés de bouillir en entendant le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, se régaler d’une lecture publique des critiques du Medef…

C’est le député UMP de Seine-et-Marne, Yves Albarello, rapporteur du projet, qui a lancé la critique à l’ouverture de la discussion générale, regrettant le manque de temps «lors de son élaboration», une «approche insuffisante et réductrice» de la zone de Roissy-Charles-de-Gaulle ou encore soutenant les «réelles craintes» de ses collègues sur les interconnexions nécessaires entre les 130 km de double boucle ferrée de Christian Blanc et le réseau existant.

Un rapport a «fuité»

L’UMP Gilles Carrez, rapporteur général du budget, a prévenu : «Si l’État et la région ne trouvent pas un accord explicite, si les collectivités locales ne se reconnaissent pas dans le projet du Grand Paris, nous irons droit au blocage et nous accumulerons les retards, et ce sont les Franciliens qui en subiront les conséquences.»

La grogne contre le texte s’est nourrie d’un rapport d’étape de la Cour des comptes ayant «fuité» cette semaine dans la presse, très défavorable à la RATP. Or la Régie est au cœur du dispositif de la double boucle. Elle devrait récupérer la maîtrise d’œuvre et d’ouvrage ainsi que la gestion technique des nouvelles lignes. Jeudi, le président PS d’Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a ajouté, sur la base d’une étude de la région, que les prix de la RATP en matière de trams sont deux fois plus élevés à Paris qu’en province.

De quoi accentuer l’inquiétude des élus qui ont cherché, jeudi, à obtenir des garanties sur le financement de la double boucle, estimée à 21 milliards d’euros. Surtout les élus de la grande couronne dans laquelle la double boucle ne passera pas, ou peu. Un regret qui a poussé le député UMP de Seine-et-Marne Yves Jégo à s’adresser à la SNCF pour une étude sur «les conditions de réalisation» d’une «rocade ferrée» qui «relierait entre elles toutes les villes situées à une heure de Paris» et d’abord, «un premier arc sud-est entre Pithiviers et Meaux, via Montereau et Provins». Dans une lettre rendue publique sur le blog Flamberge d’un habitant de Montereau, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a assuré Yves Jégo qu’il allait mettre ses équipes au travail. Christian Jacob et Jean-François Copé, maires UMP de Provins et de Meaux, ont regretté que le projet Blanc les laisse de côté.

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