La bataille du Grand Paris s’engage à l’Assemblée

© Le Figaro, Sophie de Ravinel

Christian Blanc défendra son projet de loi cher au président de la République. Les députés ont présenté 360 amendements, signe de leur inquiétude, toutes tendances politiques confondues.

Nicolas Sarkozy voulait que l’affaire soit rondement menée. Malgré l’encombrement du calendrier parlementaire, le projet de loi sur le Grand Paris sera discuté à l’Assemblée à partir de mardi soir et jusqu’à jeudi. Il devrait ensuite passer au Sénat en février, et ses promoteurs espèrent qu’il pourra être voté avant les régionales de mars. Christian Blanc, l’ancien président de la RATP et d’Air France, a été nommé secrétaire d’État en mars 2008 pour construire ce chantier présidentiel.

C’est Christian Blanc qui, mardi soir, va ouvrir le débat sur un texte à la tonalité essentiellement transports. Il souligne que le projet est «un premier acte destiné à poser les fondations». Objectif : créer une «Société du Grand Paris» chargée de réaliser 130 km de métro en double boucle qui viendront, à l’aide d’une quarantaine de gares, desservir neuf grands pôles de développement économique franciliens. Parmi eux, le pôle scientifique du plateau de Saclay, situé entre l’Essonne et les Yvelines. Pour faire avancer ce dossier de très longue haleine, le projet de loi va créer un établissement public d’aménagement. Le texte prévoit enfin l’aménagement des territoires autour des gares par le biais de contrats de développement territoriaux noués entre l’État et les collectivités locales. Si le calendrier est respecté, l’ensemble sera livré vers 2025.

Depuis sa conception, l’ensemble est cependant évolutif. Accouché aux forceps du fait de tensions entre Christian Blanc et François Fillon, le texte – après sa validation en Conseil des ministres – a encore été sérieusement amendé par la commission développement durable de l’Assemblée. C’est elle qui a étudié les 360 amendements présentés, significatifs de l’inquiétude des élus, toutes tendances politiques confondues. Ils s’interrogent sur le rôle de l’État, le tracé du métro et son financement, la compatibilité avec les projets de la région…

Rapporteur du projet, le député de Seine-et-Marne Yves Albarello est ainsi satisfait que la commission nationale du débat public, «une autorité indépendante et qui travaillera en toute transparence», ait été réintégrée. À l’origine, le préfet de région devait animer le débat. «Sur un projet comme celui-ci, un peu de distance et de temps dans la considération des choses ne nuit pas», note Yves Albarello, faisant implicitement référence à une éventuelle volonté de recentralisation de l’État sur ce dossier. Autre amendement accepté par le gouvernement : le maillage du métro Blanc avec le réseau existant et, souligne Albarello, «la réintroduction dans le texte de l’autorité organisatrice des transports publics de Paris et de sa région, le Stif». Cette autorité gérée par la région aura un pouvoir de consultation sur le tracé de la double boucle dont le coût est évalué à 21 milliards d’euros. Une façon de tenter de dépolitiser le débat à quelques mois des régionales, alors que les élus de gauche montent au créneau sur ce texte. Le tracé sera au mieux connu en mars 2011, après le débat public prévu à la rentrée prochaine.

En attendant, le préfet de région Daniel Canepa a lancé lundi une vaste consultation avec débat public et site Internet participatif sur la culture, le lien ville-campagne, le développement économique… Il veut montrer que le Grand Paris de Nicolas Sarkozy ne se limite pas au transport. «La loi n’est pas tout le Grand Paris, loin de là», souligne-t-il.

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