Reconquérir Paris, le pari radical, par Thierry Courdert

(c) 2009 Le Monde.

Reconquérir Paris, oui, cela est possible !

Encore faut-il dès maintenant bâtir un programme en phase avec les aspirations des Parisiens et les défis d’aujourd’hui, ainsi que faire émerger des talents nouveaux, représentatifs de l’actuelle sociologie urbaine.

Il ne suffit pas, en effet, de combattre une gestion par trop « pépère » dont l’ambitieux chantier du Grand Paris, lancé par le président de la République, souligne le caractère dérisoire par rapport aux enjeux d’une ville-monde.

Il ne suffit pas non plus de recourir aux vieilles recettes : le Paris contemporain n’est plus celui des mandatures de Jacques Chirac. C’est de moins en moins une ville dominée par les classes populaires et c’est dans les quartiers où cette évolution en faveur d’une nouvelle bourgeoisie a été le plus marquée que, paradoxalement, le vote pour l’actuelle municipalité est le plus fort.

Ce paradoxe cruel traduit le fait que nous n’avons pas su capter les attentes d’une population nouvelle pour laquelle le développement durable, la culture, le sport, toutes les questions de mode de vie sont au moins aussi importantes que le logement social ou les politiques d’assistance.

La campagne des régionales derrière Valérie Pécresse, le grand chantier lancé par Nicolas Sarkozy nous offrent l’occasion unique de faire notre aggiornamento, de refonder notre programme et dès lors de jeter les bases du succès dans cinq ans.

Pour cela, il faut mettre en débat des sujets trop longtemps tabous et aller à la rencontre des habitants. Que sont les Parisiens d’aujourd’hui ? Que veulent-ils ?

Le Parti radical, composante à part entière de l’UMP, peut s’appuyer sur sa tradition de forum d’idées, sa tolérance propice à rassembler ceux qui ont rejoint le président de la République au titre de l’ouverture, l’engagement de son président Jean-Louis Borloo en faveur du développement durable pour être, au sein de la majorité présidentielle, le moteur de la reconquête et le support de cette campagne des 100 000 fleurs qui nous réconciliera avec le Paris d’aujourd’hui.

Quels sont donc ces sujets tabous dont il faut se saisir :

– Les contours de Paris, d’abord : Paris s’est toujours renforcé en étendant son périmètre. Plusieurs orientations actuelles vont dans ce sens : couverture progressive du périphérique, grand axe Paris-Neuilly, élargissement du champ d’action du préfet de police ou de l’Assistance publique et même Vélib ! Le président de la République a par ailleurs appelé à gommer les barrières entre la capitale et sa banlieue. Proposons aux citoyens de part et d’autre de l’actuelle frontière de Paris de discuter et de voter sur une éventuelle intégration à la capitale qui offrirait un socle stable et revigoré au Grand Paris.

– Les tours : Nicolas Sarkozy a eu le courage de soulever ce sujet qui tient pourtant la clé de plusieurs politiques majeures : des tours de grande qualité architecturale et écologique mêlant logements, bureaux, services collectifs (restauration, garde d’enfants, …) sur des terrains périphériques comme les Batignolles ou Masséna permettraient de protéger mieux l’architecture du vieux Paris, trop souvent malmenée par l’immobilier de bureaux, y compris à travers le façadisme et de limiter pour ceux qui le souhaitent les déplacements domicile-travail.

– La place de la voiture dans Paris : elle est actuellement victime d’une politique de congestion supposée être dissuasive, sans que pour autant les autres moyens de déplacement soient privilégiés. En plus de l’ambitieuse politique de transport définie par le président de la République dans le cadre du Grand Paris, il faut s’interroger sur le circuit du tram confiné sur les extérieurs, sur une véritable politique du vélo en ville avec des pistes cyclables dédiées, sur un accroissement de la fréquence des bus ou de mini-bus, sur l’utilisation de la Seine pour les navettes fluviales et, bien sûr, l’augmentation du nombre de taxis parisiens. Il faut surtout poser la question d’un péage urbain sur l’ensemble du Grand Paris qui n’enferme pas la capitale dans ses frontières, un péage intelligent comme à Singapour qui responsabilise économiquement le conducteur auquel des modes de transport de substitution ont été offerts au préalable.

– Des questions liées au mode de vie urbain : le développement des différents types de garde d’enfants, le maintien à domicile des personnes âgées, l’essor de l’enseignement artistique, la multiplication de lieux ouverts de création culturelle gérés par des collectifs d’artistes, l’ouverture des bibliothèques, médiathèques, piscines et autres lieux de loisirs municipaux plus en adéquation avec le rythme de vie urbain, c’est-à-dire en soirée ou le dimanche : voilà des sujets qui intéressent les Parisiens et qui sont trop souvent confisqués par l’administration municipale et sur lesquels nous devons mener le débat et être innovants.

Comprendre le Paris d’aujourd’hui, bâtir un nouveau destin dans le dialogue avec ses habitants, et surtout rassembler : voilà le pari que fait aujourd’hui le Parti radical qui souhaite dans les prochains mois contribuer à la reconquête par la majorité présidentielle d’une capitale qui, contrairement à sa devise (Fluctuat nec mergitur) risque de couler d’avoir trop flotté.

Thierry Coudert est conseiller de Paris (UMP) et secrétaire général de la fédération de Paris du Parti radical.

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