Le Grand Paris divise tout le monde

© Le Parisien, 29.09.2009, Sébastien Ramnoux

Le projet. Le gouvernement s’apprête à valider le 7 octobre le projet de super métro du Grand Paris porté par le secrétaire d’Etat Christian Blanc : une boucle de 130 km et 40 gares autour de Paris, avec un métro automatique reliant à grande vitesse les pôles économiques de la région. Pour le réaliser, Christian Blanc veut créer une société du Grand Paris dans laquelle l’Etat serait majoritaire, qui déciderait du tracé et bénéficierait des expropriations foncières autour des gares et du tracé. L’Etat pourrait aussi décider de l’aménagement des zones développées grâce à ce transport.

Ce qui coince. « Un hold-up ! » C’est la réaction des élus locaux d’Ile-de-France, surtout de gauche, emmenés par le président (PS) de la région, Jean-Paul Huchon, et le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë. Ils estiment que l’Etat passe au-dessus de la région au détriment de la décentralisation, en écartant toute concertation avec les élus locaux. La gauche dénonce aussi l’absence pour l’heure de financement clair du projet. Et elle estime que les urgences du quotidien de la population sont rénover et améliorer les transports existants (pas seulement au profit des activités économiques), et répondre au problème du logement, de la solidarité fiscale et de l’écologie. Pour montrer sa détermination, Bertrand Delanoë a décidé d’organiser ce matin un débat sur ces enjeux.

Les forces en présence. Même si la méthode de Christian Blanc froisse certains élus de droite en Ile-de-France, pour l’instant les élus UMP font corps derrière le gouvernement. Jean-François Lamour, patron du groupe UMP au Conseil de Paris, accuse Bertrand Delanoë de manquer un « rendez-vous historique » en refusant le Grand Paris. Dans son propre camp, le maire de la capitale ne fait pas l’unanimité : même s’ils rejettent eux aussi le projet du gouvernement, les Verts ont refusé de s’associer au texte de l’exécutif pour proposer leur propre contribution. Une crispation à gauche qui annonce de sévères perturbations avant les régionales de mars 2010, où les écologistes espèrent rééditer leur score des européennes.

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