LA CHASSE AUX BONNES AFFAIRES EST LANCÉE

FABRICE AMEDEOLe Figaro

Les nouveaux modes de transports en Ile-de-France vont doper les prix de certaines communes qui seront mieux desservies.

 Une révolution se prépare en Ile-de-France. D’ici à 2022, la région sera traversée par un réseau de métro automatique de 130 kilomètres de long. Cette révolution sera comparable à celle de l’arrivée du métro à Paris il y a plus d’un siècle. Dans douze ans, les Franciliens pourront rallier plus rapidement la capitale, mais également réduire considérablement leurs temps de transports de banlieue à banlieue à bord d’un métro roulant à 60 kilomètres à l’heure. Il faudra ainsi 25 minutes pour aller de Roissy à la Défense ou 45 minutes pour aller de Roissy à Orly. Cette révolution pour les transports aura des conséquences immédiates sur l’immobilier. «Ce projet est une formidable impulsion qui va changer le visage des villes d’Ile-de-France, explique-t-on chez Nexity. Les écarts de prix devraient diminuer entre Paris intra-muros et les marchés immobiliers de l’autre côté du périphérique.» La géographie des prix de l’immobilier en Ile-de-France va ainsi être modifiée. Il faut s’attendre à des rattrapages entre les banlieues où les prix sont déjà très hauts et les autres, ainsi qu’à un nivellement du fossé existant entre Paris et sa première couronne. «A chaque fois qu’il y a construction d’un nouvel axe de transport significatif, il y a un impact sur le marché, explique Bernard Cadeau, président du réseau Orpi. Les prix vont monter, c’est certain, mais il est difficile de savoir de combien: il n’y a pas de règle mathématique en la matière.» Le nouveau métro est loin d’être sorti de terre. Mais la chasse aux bonnes affaires devrait bientôt commencer. Le secrétariat d’Etat à la région capitale, chargé du projet, n’a dévoilé pour l’instant qu’un tracé provisoire (voir notre carte ci-dessus). Les stations du futur ne sont pas encore connues. Des négociations ont lieu ou auront lieu avec les municipalités concernées. On sait juste pour l’instant qu’il devrait y avoir en tout une quarantaine de gares. Si les délais liés à l’adoption de la loi créant l’établissement public chargé du projet sont respectés, le tracé définitif devrait être dévoilé dans dix-huit mois. Il pourrait alors y avoir une ruée sur certains quartiers périphériques de Paris. «L’annonce du tracé devrait avoir une conséquence immédiate sur le marché, analyse Bernard Cadeau. Mais, souvent, dans ces cas-là, les vendeurs extrapolent et veulent concrétiser cette plus-value virtuelle. De leur côté, les acheteurs sont prudents car ils ne connaissent pas encore le tracé précis.» Tout l’enjeu sera en effet trouver un bien à proximité d’une gare sans qu’il soit trop près de la ligne de métro. Dans le cas du projet de Grand Paris, le risque de se retrouver avec un immeuble ayant vue sur des rails est cependant très réduit puisque la grande majorité du tracé devrait être sousterrain.

– La cote de l’Est parisien devrait monter

Toute la question est également de savoir où et quand acheter. Les professionnels avouent s’intéresser davantage à l’Est parisien. «L’impact sera plus fort là où les prix sont les plus bas, explique Bernard Cadeau. Les prix sont déjà très hauts dans les villes de la banlieue ouest. Sur la partie sud-est de la région parisienne, le potentiel de hausse est encore très important.» Les villes de la couronne allant de Clichy-Montfermeil à Villejuif pourraient ainsi connaître un boom, car des écarts conséquents existent actuellement. Le mètre carré dans de l’ancien est ainsi de 2 790 euros à Noisy-le-Grand contre 4 740 euros par exemple à Saint-Germain-en-Laye. Le Nord parisien ne devrait pas être en reste, à l’image de villes comme Saint-Denis, où le prix du mètre carré tourne autour de 2 420 euros. Définir le bon moment où acheter est en revanche plus difficile. Partir trop tôt à la chasse aux bonnes affaires, c’est prendre le risque de se tromper. Se lancer trop tard, c’est prendre le train de la hausse en retard et limiter ses futures plus values. «Il pourrait y avoir un phénomène irrationnel de hausse dès l’officialisation du tracé, explique Bernard Cadeau. Quand le RER est arrivé, l’encre des contrats était à peine sèche que l’immobilier avait déjà pris 10 %. Mais, passé ce phénomène, les prix devraient à nouveau se tasser.» Dans l’état actuel des choses, le Grand Paris est donc une bonne affaire pour ceux qui ont des projets immobiliers de long terme. «Aujourd’hui, nous n’avons pas de projet de business de court terme sur le Grand Paris», confirme-t-on chez Nexity. L’idéal pourrait être d’investir dans deux ans, une fois le tracé connu, dans l’optique de réaliser une plus-value une dizaine d’années plus tard. Le Grand Paris est en tout cas une chance pour les investisseurs de long terme.

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :