Le Grand Paris de la police voit le jour ce lundi

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Dorénavant, le préfet de police de la capitale, Michel Gaudin, aura sous son autorité Paris, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne.

Le Grand Paris de la police, un des chantiers phare de Nicolas Sarkozy, plaçant la sécurité des 6,4 millions d’habitants la capitale ainsi que des trois départements de la petite couronne sous l’autorité du seul préfet de police de Paris, voit le jour lundi 14 septembre.
Le préfet de police Michel Gaudin, un proche du président de la République, aura sous ses ordres près de 46.000 fonctionnaires dont 30.000 policiers. Ce « super-préfet » couvrira deux tiers de la population d’Ile-de-France (IDF) et autant de la délinquance régionale.
Un décret, publié cet été, a « élargi aux trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) les compétences des directions et services de la préfecture de police de Paris (PP) ». Pour Michel Gaudin, cela permettra d’être « beaucoup plus efficace dans la lutte contre la délinquance » qui ne connaît pas les limites départementales.

« Un état dans l’état »

La PP déjà maître d’œuvre de la sécurité de la capitale, où les pouvoirs du maire sont plus limités qu’ailleurs en matière de police, est souvent considérée comme un « Etat dans l’Etat » par certains policiers.
Les mêmes se disent inquiets des nouveaux pouvoirs ainsi conférés à Michel Gaudin placé face à un « défi qu’il saura relever », a assuré le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux la semaine dernière.
Cette réforme ne suscite d’ailleurs aucune opposition notamment des syndicats de policiers qui la réclament de longue date.

Une délinquance « mouvante »

Prônée par le chef de l’Etat, la mise en place de ce Grand Paris policier a été accélérée à la suite d’une série d’incidents violents survenus au printemps en banlieue, notamment l’attaque de policiers au fusil d’assaut en Seine-Saint-Denis.
Elle part d’un constat : la délinquance est « mouvante » en IDF qu’il s’agisse des violences urbaines, des vols ou des « casseurs » des manifestations parisiennes, venus de banlieue pour la plupart, selon les responsables policiers.
Ainsi, la majorité des auteurs de crimes et délits recensés dans la capitale n’y habitent pas. En 2008, la délinquance en petite couronne a été 1,4 fois supérieure à celle de Paris alors qu’en 1972 la délinquance parisienne représentait 1,5 fois celle de la petite couronne.

Des polices unifiées

Dès 2003, avait déjà été créée une police des transports en IDF avec un commandement unifié, confié à la PP, faisant fi des frontières entre départements. De plus la PP était déjà compétente, en petite couronne, avec la brigade de sapeurs pompiers (BSPP) et la police judiciaire.
Au sein de cette dernière des groupes d’enquêtes spécialisés dits « groupes Cités » seront installés dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne à l’image de celui déjà actif en Seine-Saint-Denis.
Dans ce Grand Paris, une direction de sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) forte de 26.000 policiers est créée. Elle regroupe les directions départementales de la sécurité publique (DDSP) des trois départements de la petite couronne et la police urbaine de proximité (PUP) parisienne et sera dirigée par Alain Gardère, actuel « patron » de la PUP.
Les compétences de la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) de la PP, seule direction spécialisée dans ce domaine en France, seront étendues de la même manière afin notamment de mettre en place une police de la circulation. Elle aura aussi en charge d’encadrer les manifestations et les grands évènements.
Pareil pour sa direction du renseignement qui aura également cette vocation interdépartementale avec, parmi ses priorités, le recueil d’informations sur l’économie souterraine, les réseaux de criminalité ou les trafics de stupéfiants.

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