Huchon démonte le Grand Paris

Gaël Vaillant © leJDD.fr

Le socialiste Jean-Paul Huchon, candidat à sa propre succession en Ile-de-France, défend les prérogatives de sa région face au projet de loi UMP du Grand Paris.

Jean-Paul Huchon, qui s’est déclaré lundi soir candidat à sa propre succession à la tête du conseil régional d’Ile-de-France, se lance déjà dans une campagne contre la majorité présidentielle et le projet de Grand Paris voulu par Nicolas Sarkozy. Dans son édition de mardi, 20minutes révèle les grandes lignes du projet de loi Grand Paris, envoyé, pour consultation, aux élus franciliens. L’occasion pour le socialiste Jean-Paul Huchon de tacler un projet qu’il ne soutenait pas depuis son lancement: « C’est un plan très réducteur, à reprendre intégralement.« 

Le président de région dénonce notamment « un projet extrêmement centralisateur, qui remet toutes les rênes entre les mains de l’Etat« . Le Grand Paris, imaginé par Christian Blanc, secrétaire d’Etat à la Région-capitale, prévoit en effet la création d’une « société » contrôlée par un « conseil de surveillance » dans laquelle l’exécutif sera majoritaire. Sa principale mission sera la création d’un nouveau réseau de transports piloté par le gouvernement. « Il y aura ainsi des technocrates de l’Elysée qui dessineront des projets sans aucun rapport avec la réalité« , décrypte Jean-Paul Huchon. L’élu s’appuie sur l’exemple du projet Arc Express, dénoncé par de nombreux élus locaux et associations. Cette ligne de métro prévoie en effet de desservir une série de pôles d’élites qui ne correspondent pas forcément aux banlieues les plus peuplées, et qui ont donc besoin d’un réseau de transports en commun plus étendu.

Droit d’expropriation

Autre point d’achoppement avec le projet de loi, l’Etat, via la structure du Grand Paris, aura accès à des prérogatives en matière d’urbanisme. Par exemple, la « société » pourra avoir un droit de préemption qui lui permettra « d’acquérir par voie d’expropriation » tout bien ou propriété aux abords d’une gare qui doit être aménagée. Et en cas de consultation publique, c’est la « société » du Grand Paris qui gérera les débats, et non plus un organisme indépendant. Toutefois, le projet de loi doit être complété par les observations des élus locaux, avant d’être débattu au Parlement. Les maires devraient relayer les inquiétudes des associations de défense du droit au logement. Enfin, Jean-Paul Huchon relève le flou qui entoure les modalités de financement du plan: « Je crains que cet établissement public ne se mette à emprunter et qu’après, la région » ait à tout rembourser.

Au-delà du débat autour du Grand Paris, Jean-Paul Huchon prend de l’avance dans la campagne pour les élections régionales 2010. Sur Europe 1, mardi matin, il s’est déclaré « être le candidat du rassemblement » et tance Valérie Pécresse, son adversaire à l’UMP, d’exprimer ses idées. Interrogé sur la concurrence éventuelle de Cécile Duflot, candidate des Verts en Ile-de-France, il reste beau joueur: « J’ai souhaité une liste de rassemblement de la gauche. Cécile Duflot a le droit de présenter sa candidature, les électeurs jugeront. » Mais il ne fait aucun doute sur la tentative de récupération de l’électorat vert par Jean-Paul Huchon, qui se définit comme « le seul qui puisse faire le lien entre les exigences économiques, sociales et écologiques« .

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