Grand Paris : «De nouvelles taxes ne sont pas la solution»

Propos recueillis par Cyrille Lachèvre ,© Le Figaro

INTERVIEW – David-Xavier Weïss, secrétaire national de l’UMP et élu de Levallois-Perret, livre ses propositions pour financer le Grand Paris.

 

LE FIGARO. Comment financer le Grand Paris ?

David-Xavier WEÏSS. Certaines pistes de financement qui circulent actuellement me semblent intéressantes. Ainsi, augmenter la taxe de séjour serait un moyen indolore pour les Franciliens de faire contribuer financièrement les touristes aux nouvelles facilités de transport dont ils disposeront pour se rendre dans le centre de Paris. La modulation de l’écotaxe pour les transports routiers est également une avancée, car elle permettrait notamment de réduire la circulation en ville des camions polluants. Enfin, l’idée d’instaurer des péages peut être débattue mais uniquement sur les futurs tronçons autoroutiers qui seront construits : il n’y a pas de raison de faire payer les Franciliens pour les axes déjà existants.

Faudra-t-il augmenter la fiscalité en Ile-de-France ?

La question de justice sociale et économique devra guider les choix. Il serait logique de reconsidérer à la hausse la valeur foncière des terrains où les projets du Grand Paris verront le jour. La mise en place, à terme, de 53 nouvelles gares augmentera aussi la valeur des terrains qui seront situés autour. En revanche, créer ex nihilo une nouvelle taxe pour les Franciliens ou augmenter celles qui existent aujourd’hui n’est pas la meilleure piste à très court terme. On ne peut pas solliciter nos concitoyens qui n’ont pas vu d’amélioration des transports en Ile-de-France depuis dix ans en leur demandant de faire tout de suite un nouvel effort financier pour un réseau dont ils ne constateront l’amélioration qu’à partir de 2015.

Comment financer ces projets à court terme, alors ?

Au-delà de la valorisation foncière et du partenariat public-privé, on peut avoir recours à une partie du grand emprunt national l’Ile-de-France contribuant au développement des autres régions par la péréquation, ou au lancement d’un emprunt spécifique par le Syndicat des transports d’Ile-de-France, comme l’a proposé Roger Karoutchi. Nous aurions ainsi la possibilité de lancer les premiers chantiers et de faire progresser rapidement le réseau. On pourra alors reparler du problème de la tarification ; lorsque les premières avancées seront visibles.

Malgré cela, il semble difficile de boucler le financement…

Pas du tout. Attendons le rapport définitif de Gilles Carrez et ne sous-estimons pas l’enthousiasme que suscite le Grand Paris. L’urgence est de se focaliser sur l’aspect transport en construisant l’intégralité du métro automatique porté par Christian Blanc. Cela permettra de désenclaver les banlieues à l’est, de rapprocher Paris de ses aéroports et de ses centres d’affaires. C’est le projet le plus porteur.

Êtes-vous confiant sur le calendrier de vote de la loi ?

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, le rythme des réformes est soutenu et le calendrier parlementaire dense. Mais, François Fillon l’a rappelé jeudi dernier, il souhaite voir le projet de loi «Grand Paris» au Parlement à l’automne.

Un dérapage ne risque-t-il pas de perturber la campagne des régionales en Ile-de-France ?

Je crois qu’il ne faut pas avoir peur d’engager ce débat, quel que soit le timing. Une échéance électorale ne doit pas être un prétexte à l’inaction. Valérie Pécresse m’a proposé de rejoindre la liste qu’elle conduira pour justement avoir une action volontariste, faire des propositions concernant l’offre des transports en commun, les rendre plus sûrs, réguliers et confortables.

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