Sarkozy dévoile ses grandes ambitions pour le Grand Paris

© Le Point, 2009

© AFP/REMY DE LA MAUVINIERE

Que Paris donne l’exemple. « Comment faire pour que nos grandes métropoles redeviennent des lieux de progrès, de prospérité, de partage ? Comment inventer la ville durable, la ville de l’après-Kyoto, la ville écologique (qui) s’allie avec la nature sans la combattre ? », s’est interrogé mercredi, dans son discours à la Cité de l’architecture et du patrimoine, Nicolas Sarkozy. Ce « plus grand défi peut-être de la politique du XXIe siècle », c’est à la France de « le relever », a-t-il répondu lors de l’inauguration de l’exposition sur les travaux des dix architectes ayant planché sur l’aménagement de la région-capitale. « La France est décidée à donner l’exemple. C’est cela l’ambition du Grand Paris. »

Le Président tient à ce que « les travaux démarrent avant 2012″, alors qu' »il faut dix ans, en allant vite, pour construire les infrastructures du nouveau système de transport ». Pour cela, un texte prévoyant 35 milliards d’euros d’investissement « sera déposé en octobre » au Parlement, parce qu' »il faut qu’avant la fin de l’année, une loi fixe les modalités de la maîtrise d’ouvrage, les outils juridiques et les moyens de financement ». « Se déplacer tous les jours pour aller travailler est devenu un véritable enfer pour des millions de Franciliens », a-t-il justifié.

Il a confirmé la création d' »un nouveau système de transport automatique rapide à grande capacité de 130 km qui permettra de relier les grandes polarités urbaines de demain ». Ce « grand huit », encore à l’état de « schéma de principe », desservira une dizaine de « territoires de projet (Saclay, Massy, Orly, Roissy, Descartes-Noisy, Le Bourget, Saint-Denis-Pleyel, La Défense, Versailles, Villejuif, Clichy-Montfermeil) ». « Là où c’est possible », il sera « aérien », sans jamais se départir d’un « design, ergonomie et technologie exemplaires ». Son but est de « parvenir à des temps de parcours dans l’agglomération de l’ordre de 30 minutes, quel que soit le lieu d’où on part ».

« Beaucoup de projets sont rentables »

Pour ce qui est du financement, Nicolas Sarkozy est optimiste. Selon lui, « beaucoup de projets sont rentables », car ils « feront l’objet de partenariats public-privé » et « la valorisation du foncier procurera d’importantes recettes ». Pour le financement spécifique des transports, il confie à un élu francilien, Gilles Carrez (UMP), maire du Perreux-sur-Marne et rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, « la mission de faire des propositions ».

S’adressant au président PS du conseil régional d’Île-de-France Jean-Paul Huchon, il a affirmé que ce qui a été décidé « sera mis en oeuvre ». « Les engagements de l’État seront tous tenus, les cofinancements de l’État prévus dans le contrat de projet et pour la modernisation du RER ne seront pas mis en cause. » Il a aussi précisé qu’une réflexion sur le principe d’une tarification unique, « pour que le coût du transport soit le même pour tous » les habitants du Grand Paris, devrait être menée.

Le chef de l’État prévoit d’investir « 850 millions d’euros » pour le plateau de Saclay (Essonne et Yvelines), qui aurait « vocation à devenir l’un des plus importants centres scientifiques et technologiques du monde ». Côté Paris « intra-muros », il a annoncé que la « cité judiciaire » de Paris serait installée « aux Batignolles », dans le XVIIe arrondissement, et que la « cité de la Défense » se situerait à Balard, dans le XVe arrondissement.

« La seule chose condamnable, c’est la laideur »

Nicolas Sarkozy n’exclut pas la construction de tours « si elles s’inscrivent harmonieusement dans le paysage urbain ». « On peut construire haut, on peut construire bas, on peut construire petit ou construire grand, pourvu que ce soit beau », a-t-il précisé, ajoutant : « La seule chose condamnable, c’est la laideur. » Il a aussi marqué son intérêt pour la création d’une forêt « d’un million d’arbres sur les 2.500 hectares du cône de bruit », près de l’aéroport de Roissy – une proposition de l’architecte néerlandais Winy Maas. Selon lui, « l’augmentation de 30 % des forêts franciliennes ferait baisser d’un à deux degrés la température nocturne pendant un pic de chaleur au centre de Paris ».

Afin de « résorber le déséquilibre entre l’offre et la demande », Nicolas Sarkozy estime qu’il faut « déréglementer, élever les coefficients d’occupation des sols et rétablir la continuité du bâti dans les zones denses, permettre à chaque propriétaire d’une maison individuelle de s’agrandir ». « J’ai demandé que soit conduite une réflexion approfondie sur ce changement de philosophie de notre droit de l’urbanisme. » Objectif : « construire davantage », c’est-à-dire « 70.000 logements par an » dans la métropole parisienne, soit plus du double du rythme actuel.

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