Les architectes voient la ville en vert

Claire Bommelaer,© Le Figaro

À partir de mercredi, la Cité de l’architecture présente les idées des architectes pour le Grand Paris. La plupart remettent la nature au centre du paysage urbain.

Le débat autour du Grand Paris se focalise volontiers sur les transports – le gros morceau des annonces présidentielles qui seront faites demain – ou sur la construction de nouvelles tours. Mais les projets présentés par les dix architectes font aussi la part belle au vert, aux arbres, à l’agriculture et à l’eau. Dans le sillage des engagements pris par une centaine de pays pour réduire les gaz à effet de serre, les projets présentent des bâtiments moins consommateurs d’énergie, une agriculture en harmonie avec la ville et des cours d’eau qui reprennent des droits dans la vie des habitants. L’automobile est reléguée derrière les tramways, les eaux de pluie sont récupérées, les terrasses transparentes ou fleuries. Certaines équipes d’architectes se sont d’ailleurs étoffées pour cette vaste réflexion sur l’image de l’Ile-de-France dans vingt ans, de paysagistes et d’urbanistes.

Roland Castro imagine un nouveau Central Park. Le Français veut «valoriser le beau». Il propose notamment de créer une sorte de Central Park au milieu de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, à l’instar de celui qui noyaute Manhattan.

Antoine Grumbach veut un fleuve qui relie les Franciliens. Son Grand Paris irait de la capitale au Havre, avec pour lien la Seine, qualifiée ici de « grande rue ». «L’opposition ancestrale entre la ville et la nature n’a plus de sens», explique-t-il. L’architecte met en avant une économie circulaire, un vrai recyclage des déchets et pousse à une reconversion de l’agriculture francilienne, afin de rendre le Grand Paris plus « autosuffisant » et d’éviter les problèmes de sécurité alimentaire. La modernité, avance-t-il, ce n’est plus forcément construire des nouvelles tours, mais instaurer une culture de la transformation de l’existant.

Jean Nouvel habille la tête de la tour Montparnasse. Construites dans les années 1970, la plupart des tours ont aujourd’hui triste mine. Jean Nouvel veut littéralement les rhabiller de balcons transparents et de plantations. Il s’agirait de faire monter le paysage, d’affubler les hautes constructions de dalles, d’instaurer des jardins intérieurs. Des balcons, sorte de grandes promenades plantées, relieraient les bâtiments entre eux sur plusieurs niveaux.

Le Groupe Descartes incite les habitants à jardiner. L’équipe d’Yves Lion veut construire le long des cours d’eau des habitations, multiplier les parcs et inciter les 8 millions d’habitants à jardiner les terrains en friche.

Finn Geipel et Giulia Andi misent sur une Marne et une Seine dépolluées. Les Allemands veulent que la forêt soit un élément de purification de l’air. «Derrière les roseaux, des turbines immergées produisent de l’énergie», imaginent-ils, mettant en avant un projet de batobus.

Rogers Stirk Harbour et Partners plaident pour que 60 % de la population soit à moins de 5 km de la nature. L’écrivain Alphonse Allais voulait «mettre les villes à la campagne». C’est un peu le pari de l’Anglais Richard Rogers, qui suggère « 50 % de marche à pied et de vélo », des toitures vertes ou encore, un réseau de captage d’eau de pluie. Grâce à un transport en commun « circonférentiel », le cabinet remise les voitures au garage. AUC rend les boulevards aux piétons, grâce à la voiture électrique et passe des parcs d’agrément à un parc « pédagogique et de recherche » de plusieurs centaines d’hectares, en dessous de Roissy.

Quant aux Italiens du Studio 09, ils réclament eux «un Grand Paris 100 % durable».

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