Grand Paris : un match qui se joue à l’échelle du monde

29.04.2009©Emmanuel Kessler, France info

La place de la région parisienne dans la compétition mondiale. A côté de la vie quotidienne des Franciliens, c’est l’autre enjeu du projet de Grand Paris que Nicolas Sarkozy va présenter aujourd’hui D’abord quel est l’état des lieux ? Comment se situe Paris par rapport aux autres grandes capitales ?

Paris, dites-vous, mais c’est bien de l’Ile-de-France qu’il s’agit. Quand on fait des classements économiques, qu’on se mesure aux autres métropoles, prendre en compte la seule capitale, 15 fois plus petite que Londres, n’a aucun sens. Le premier mérite du débat ouvert par Nicolas Sarkozy est d’avoir popularisé l’idée que l’enjeu économique c’est celui de la région-capitale dans son ensemble. A cette échelle, nous restons en haut des podiums dans les palmarès sur l’attractivité des grandes métropoles. En 2008, l’Ile de France était n°1 en Europe pour les implantations d’entreprises étrangères, en nette progression, alors qu’elles ont reculé partout ailleurs. Grâce à des domaines d’excellence dans l’industrie, le luxe ou le tourisme ; une très bonne accessibilité – vive le TGV et les autoroutes – ; la qualité de vie. Ca compte, ne nous décrions pas.

Alors qu’est-ce qui ne va pas et qui entraîne la mobilisation d’aujourd’hui ?

Et bien, la région parisienne s’est trop reposée sur ses lauriers. Oui, elle réalise le tiers de la richesse produite en France, mais sa croissance moyenne au cours des dix dernières années s’est située très en deça de celles des autres grandes capitales. Au-delà des chiffres, le vrai défi, c’est une nouvelle hiérarchie où Paris, Londres, New-York et Tokyo ne peuvent plus toiser le monde. Des mégalopoles de nouveaux continents frappent à la porte du club, avec Shanghai, Sao Paulo, ou même Dubaï. Des villes en effervescence. Face à cela, l’Ile-de-France a pris du retard dans des tas de domaines : urbanisme, transport, recherche et même, ça n’est pas rien, pratique des langues étrangères.

Et que faire pour changer les choses ?

Sortir d’une organisation institutionnelle impossible. On voit les résistances mais aujourd’hui, les bisbilles entre Etat, région, départements et communes sont un frein au développement économique, alors que pour tout le monde, il est désormais évident qu’il n’y a qu’un seul territoire. Le grand Paris n’est pas un pari, ça doit être une évidence.

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :