Sarkozy lève un mystère du Grand Paris: 35 milliards pour les transports

© Le Point, 2009

Nicolas Sarkozy devait lever mercredi une partie des mystères du Grand Paris en annonçant 35 milliards d’euros d’investissements dans les transports en Ile-de-France à réaliser en douze ans, pour mettre un terme à la galère que vivent souvent les Franciliens dans leurs déplacements.

Le président de la République, en inaugurant l’exposition des travaux des dix équipes d’architectes qu’il a fait plancher, devait donner son aval en matière de transports aux projets du secrétaire d’Etat Christian Blanc et aussi à ceux du président PS de la région Jean-Paul Huchon.

Il a dit oui au métro autour de Paris, le « grand huit » de M. Blanc (21 milliards d’euros) qui reliera des pôles d’activité (Roissy, Orly, La Défense, Saclay, Massy, Clichy-Montfermeil, Noisy, grand hub multimodal à Pleyel…) et les principaux centres d’habitat. Son tracé recoupe une grande partie du projet Arc-Express-Métrophérique RATP-région.

Mais il a également donné son feu vert à la poursuite des projets « déjà dans les tuyaux » et ceux prévus par M. Huchon dans un plan de juin 2008 (RER A, B, C, D, changement du matériel roulant, prolongement de lignes de métro, de tramways et du RER E Eole,..). Le RER E, qui devait relier La Défense, ira même jusqu’à Mantes.

Cauchemar des Parisiens, la 13 sera désaturée par le prolongement de la ligne automatique 14, qui sera incluse dans les 21 milliards.

Long de 130 km environ, le réseau automatique, « pour l’essentiel souterrain », « maillera les terminaisons de métro ». Il fonctionnera jour et nuit à au moins 80 km/h. Son tracé exact sera finalisé dans les deux mois.

L’objectif est de « parvenir à des temps de parcours dans l’agglomération de l’ordre de 30 minutes, quel que soit le lieu d’où on part ».

Des outils juridiques et financiers seront mis en place pour lancer les chantiers « dès 2012 ».

Le financement de l’opération et sa répartition ne sont pas bouclés. « On est certain que c’est finançable, ça tient la route », indique-t-on à l’Elysée.

Si l’on n’écarte pas l’idée d’un partenariat public-privé, on énumère plusieurs pistes: « versement transport » des entreprises, taxation des plus values foncières, tarifs, subventions publiques, zonage de tarification, « surface commerciale des gares »….

Souhaitant que la région-capitale « tienne tout son rang parmi les villes-monde, moteurs du développement, de l’innovation, de la recherche », M. Sarkozy présentera trois autres objectifs, dont « la relance de la réflexion sur la ville ».

Il s’agit « d’imaginer la ville du XXIème siècle, durable », conjuguant « très grande densité urbaine » et « modes de fonctionnement économes en énergie », avec la « réapparition de monuments ».

Les projets des architectes, « véritable trésor », seront « des éléments de réflexion au pot ». Il ne s’agit pas de confier l’aménagement de la métropole à un seul, mais de « fournir leurs idées aux décideurs ».

Des textes vont cependant « permettre aux architectes de s’impliquer davantage dans la conduite des projets » urbains.

M. Sarkozy devait affirmer sa « volonté de mettre un terme à la banlieue », « pour qu’elle soit partie intégrante de Paris ».

Le chef de l’Etat n’abordera pas la future gouvernance du Grand Paris, souhaitant d’abord « doter Paris d’un projet ».

Il fixera comme objectif de « doubler le nombre de logements produits dans la métropole parisienne pour en livrer de l’ordre de 70.000 par an ».

Il veut aussi créer « un million d’emplois supplémentaires dans la région en 20 ans », grâce au « développement de toutes les potentialités de la région-capitale » et à des « territoires de projets ».

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :