Le « Grand Paris » des architectes dévoilé au grand public à partir de jeudi

© Le Point, 2009, Par Fabienne Faur

photo_1240919488449-1-0

Avec des tables lumineuses, des plans en relief, de nombreux écrans de télévision et même le cri des mouettes, les dix équipes d’architectes chargées de plancher sur le « Grand Paris » dévoilent à partir de jeudi au grand public leur vision de la métropole parisienne à l’horizon 2050.

Après onze mois de travail, les équipes d’architectes parmi lesquels Jean Nouvel, Christian de Portzamparc ou Richard Rogers, montrent leurs travaux, réalistes ou provocateurs, à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine à Paris, dans une exposition qu’inaugure mercredi Nicolas Sarkozy.

Gratuite, la manifestation durera six mois, jusqu’au 22 novembre.

C’est « une exposition destinée au grand public, délicate à présenter sur un sujet pareil », a indiqué le président de la Cité François de Mazières.

Car il aura fallu aux équipes, réunissant architectes, urbanistes, économistes, météorologues ou artistes, exposer de façon accessible les quelque 600 pages des deux études qui leur étaient demandées, sur la « métropole d’après-Kyoto » et la « métropole parisienne ».

Le tout dans un « kiosque » en forme de losange de 16m2, les dix s’alignant le long de la galerie des moulages anciens du musée des Monuments français.

Chaque architecte a « choisi la façon de présenter son projet », ajoute M. de Mazières, tous excluant la présentation traditionnelle de maquettes.

Une présentation rendue d’autant plus difficile que la consultation n’a jamais été un concours dont le gagnant verrait son projet construit, mais un « appel à idées ».

Le Britannique Richard Rogers, qui insiste sur l’écologie, présente une table lumineuse où défilent des cartes thématiques, les voies ferrées, les disparités sociales, le réseau de triage des déchêts.

Djamel Klouche (Equipe AUC) propose sur écran « sept modes d’intervention », avec des bandes son de 5 à 10 minutes.

Ecrans aussi chez Portzamparc qui affiche un train au dessus du périphérique et une nouvelle gare à Aubervilliers, plans et dessins chez les Italiens Secchi-Vigano et leur ville reliée à l’eau, ou l’Allemand Finn Geipel qui alterne ville dense et ville légère.

Le Néerlandais Winy Maas (équipe MVRDV) propose un espace tout blanc, habité d’un seul écran pour évoquer une « ville plus compacte », aux immeubles surélevés.

Pas de plan idéal pour Yves Lion (Groupe Descartes) mais « améliorer l’ordinaire », avec 90 mesures. La N7 devient un boulevard lieu de promenade.

Roland Castro dont l’appel au « devoir d’urbanité » se lit en grosses lettres sur les murs, présente un plan géologique en relief, à l’horizontale, où se projetent ses propositions.

Jean Nouvel offre une batterie de 14 écrans expliquent les « neuf mesures » qu’il préconise, avec des solutions simples mais urgentes, jardins sur voies rapides ou +écovilles+. Sur les murs, l’architecte affiche sa forte personnalité avec des phrases telles que « J’aime les routes bordées d’arbres » ou « J’aime le marché d’intérêt national de Chevilly-Larue ».

Antoine Grumbach dont la métropole va jusqu’au Havre, agrémente la visite de cris de mouettes. Un film suit les méandres de la Seine, un autre explique son projet.

Que va-t-il devenir de cette masse de travail ? « Nous avons envie de continuer », dit à l’AFP Djamel Klouche, quand Antoine Grumbach espère que M. Sarkozy fera des propositions « pour qu’on continue à travailler de manière intelligente ». « Si on a fait tout cela, ce n’est pas pour que ça s’arrête », résume Jean Nouvel.

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :