L’avenir du Grand Paris suspendu aux annonces de Nicolas Sarkozy mercredi

© Le Point, 2009

L’avenir du Grand Paris destiné à lier la capitale et sa banlieue reste suspendu aux projets que va dévoiler mercredi Nicolas Sarkozy, qu’il s’agisse des grandes transformations urbaines ou des transports.

Pour souligner son attachement à ce dossier, le président l’a doté d’un secrétaire d’Etat, Christian Blanc. Mais le « Grand Paris » reste à ce jour surtout un enchevêtrement de projets, avec autant d’idées que d’intervenants, sur fond de bataille politique à un an d’élections régionales où la droite ambitionne de reconquérir l’Ile-de-France.

Projets des architectes (dix équipes), des grands élus de la région parisienne, de l’Etat, et enfin proposition de la commission Balladur sur les collectivités territoriales.

Chacun attend donc les décisions du chef de l’Etat, qu’il annoncera en inaugurant à la Cité de l’Architecture une exposition des maquettes des équipes d’architectes.

Selon les « quelques informations » de la ministre Valérie Pécresse, tête de liste régionale UMP pour 2010, le président « va dévoiler sa vision à 20 ans des grands projets structurants qu’il a pour la région capitale ».

Mais selon une source gouvernementale « il y aura aussi des projets à plus court terme ».

M. Sarkozy a reçu jeudi dernier le président du conseil régional Jean-Paul Huchon et le maire de Paris Bertrand Delanoë, tous deux PS, évoquant un « partenariat nécessaire » avec les collectivités.

« Il souhaite que ce projet de Grand Paris soit un projet de partenariat entre l’Etat et les collectivités locales », a confirmé dimanche Mme Pécresse.

« L’intention est un partenariat pour sortir des difficultés en matière de transport et renforcer l’attractivité de l’Ile-de-France », résume M. Huchon. Selon lui, M. Sarkozy souhaite mettre en place des « transports performants dans un délai le plus rapide possible, en quelque chose comme dix ans ».

Il chercherait ainsi à concilier le projet de M. Blanc de métro automatique reliant dans 10-12 ans les futurs pôles économiques -Saclay, Orly, Roissy, La Défense, Champs-sur-Marne…-, aéroports et gares TGV (coût: 21 milliards), et le plan régional (18 à 20 milliards), qui vise notamment à résoudre les problèmes sur la ligne 13 ou les RER.

« Nous voulons le faire dans une bonne intelligence, dans l’immédiat, il faut quand même s’occuper des gens qui galèrent dans les transports », a déclaré lundi M. Huchon, soulignant que l’essentiel de son plan est constitué de projets « d’urgence » qui vont déboucher « au plus tard en 2012 ».

Selon M. Huchon, M. Sarkozy lui a dit vouloir éviter que « le plan de la région soit effacé par un projet plus vaste mais à plus long terme ». « Je n’ai pas de raison pour ne pas prendre ça pour de véritables engagements, j’attends que l’Etat nous apporte une aide et j’ai crû comprendre que le président de la République y était enclin ».

L’avenir du schéma directeur régional (SDRIF) voté par le conseil régional mais jugé insuffisant sur le plan économique par le gouvernement, qui refuse de l’avaliser, reste en revanche inconnu.

Incertitude aussi pour les propositions des architectes. « Nous ne sommes plus à l’époque de Delouvrier (ex-préfet de la région parisienne) ou de Napoléon III » et des transformations haussmaniennes, souligne Paul Chemetov, qui supervise la consultation.

Même flou sur les institutions. M. Sarkozy a demandé « plus de temps » pour réfléchir au Grand Paris proposé par Edouard Balladur (Paris et les trois départements limitrophes).

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