Grand Paris : le projet de métro de Christian Blanc part favori

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© David Fettig Le projet de métro de Christian Blanc qui pourrait être retenu serait en majorité souterrain au grand dam des architectes ayant travaillé à la consultation (ici, métro de Washington DC).

© David Fettig Le projet de métro de Christian Blanc qui pourrait être retenu serait en majorité souterrain au grand dam des architectes ayant travaillé à la consultation (ici, métro de Washington DC).

Mercredi 29 avril, le président de la République, Nicolas Sarkozy, va dévoiler va vision pour le Grand Paris. Elément-phare de son programme présidentiel, ce projet d’aménagement pourrait s’appuyer sur un métro reliant les principaux pôles économiques, voulu par le secrétaire d’Etat Christian Blanc.

Nicolas Sarkozy n’échappe pas à la règle qui veut que chaque président de la République veuille laisser son empreinte dans la capitale. Son grand chantier à lui : c’est le Grand Paris. A l’image de l’enjeu, Nicolas Sarkozy souhaite créer l’évènement de l’inauguration de l’exposition qui présente, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, les résultats sur la « consultation internationale sur l’avenir de la métropole parisienne » et qui a rassemblé le gotha mondial de l’architecture. Quelque 17 ministres devraient assister à l’évènement et l’Assemblée ira même jusqu’à suspendre ses travaux de 16h30 à 18h pour permettre aux parlementaires d’assister au discours. Bref, le Grand Paris est un enjeu national.
Mais l’aménagement de Paris et de sa banlieue est aussi un enjeu politique entre la droite et la gauche qui dirige Paris et la région Ile-de-France. Le sujet est donc très délicat, notamment sur son volet transport. Pannes, incidents, retards, parcours du combattant pour se déplacer de banlieue à banlieue… alors que les difficultés s’accumulent après une vingtaine d’années d’investissements insuffisants, les politiques peinent à s’entendre pour trouver des réponses.
Nicolas Sarkozy devrait apporter sa solution en validant mercredi le projet de métro du secrétaire d’Etat Christian Blanc. Cette ligne automatique, dite « ligne du Grand Paris », sera plus éloignée de Paris que le projet Arc-Express-Métrophérique de la RATP et de la région Ile-de-France, plus centré sur la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) et qui permettrait de rejoindre les terminus du métro.
Le « Grand Huit » devrait passer par Le Bourget, Noisy-le-Grand, Chelles, Créteil, Orly, Massy, Saclay, Versailles, la Plaine-Saint-Denis et La Défense. Roissy-Plaine de France serait relié à Paris par le projet CDG-Express et la ligne B du RER. Cette ligne de automatisée 130km en majorité souterraine et automatisée au grand dam des architectes ayant travaillé à la consultation.
Selon le secrétaire d’Etat Christian Blanc, qui juge trop faible le taux de croissance économique de la région-capitale, il est possible de réaliser cette ligne en 10 à 12 ans. Le coût estimé est de 14 ou 15 milliards d’euros financés par un partenariat public-privé (PPP).

Pour ménager la région et son président Jean-Paul Huchon, Nicolas Sarkozy devrait également donner son feu vert à un plan d’urgence pour les transports franciliens, reprenant des éléments du plan de mobilisation du conseil régional d’Ile-de-France, qui porterait sur un montant de 6 à 8 milliards d’euros.
Ce plan prévoit la modernisation des lignes RER B, C et D (environ 3 milliards), la prolongation de la ligne RER E (Eole) jusqu’à La Défense (environ 2 milliards) et la rénovation de voies et du matériel roulant, en particulier pour le RER A.
Le total du volet « transport » serait donc compris entre 20 et 23 milliards d’euros.

Pour le reste, il n’est pas sûr que Nicolas Sarkozy se prononce en faveur de tel ou tel projet tiré de la consultation sur l’avenir de la métropole. « Nous ne sommes plus à l’époque de Delouvrier (ex-préfet de la région parisienne) ou de Napoléon III » et des transformations haussmaniennes, souligne Paul Chemetov, qui supervise la consultation.
Même flou sur les institutions. Nicolas Sarkozy a demandé « plus de temps » pour réfléchir au Grand Paris proposé par Edouard Balladur (Paris et les trois départements limitrophes).

Voir aussi notre dossier d’actualité sur le Grand Paris

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