Dix équipes d’architectes imaginent un Grand Paris plus écolo et convivial

© 2009, Le Point, Par Fabienne Faur

Proposant des toits-jardins, de nouvelles gares ou le désenclavement des cités, les dix équipes d’architectes chargées de donner leur vision d’un « Grand Paris » ont présenté jeudi leurs conclusions pour imaginer une métropole plus écologique et conviviale.

Les équipes, pluridisciplinaires et internationales, dont celles de Richard Rodgers, Jean Nouvel ou Christian de Portzamparc, ont exposé la synthèse de neuf mois de travaux à Paris devant le comité de pilotage et le conseil scientifique de la consultation, formés de représentants de l’Etat et des collectivités, d’architectes, urbanistes ou enseignants.

Composées d’architectes, de géographes, de météorologues ou d’artistes, ces équipes se sont succédé pour exposer, en 30 minutes, la synthèse des centaines de pages, études, graphiques et autres cartes.

Tous les projets, plus ou moins techniques, aboutis ou poétiques, tournent autour des trois grands thèmes de la métropole de demain que sont le développement durable, les transports et la fin des ghettos.

Le Britannique Richard Rodgers a présenté son idée d’une ville « responsable quant à la question de l’environnement », avec des quartiers « équilibrés, avec une bonne mixité entre riches et pauvres ».

Plusieurs nouveaux réseaux de tramways périphériques connectent mieux la banlieue, font oublier la voiture. « En 10 ans, on peut avoir un Paris sans voitures marchant aux hydrocarbures », dit l’architecte qui veut « intégrer la nature » dans la ville en utiliser les 400km2 de toitures comme espaces verts.

Roland Castro imagine une ville « au service de l’humain », dirigée par une fédération de quelque 230 maires. Il fait de la métropole une immense fleur à huit pétales, avec des lieux « symboliques » du métissage, de la culture, des sciences.

L’équipe AUC de Djamel Klouche s’interroge sur le « comment faire » plutôt que sur le « quoi », et étudie 19 territoires dans le détail.

Pour Christian de Portzamparc, il « faut lutter contre l’enclavement », les pôles doivent s’interconnecter, mêler commerces, bureaux, logements, par un plan en « rhizomes », explique-t-il.

Antoine Grumbach élargit la métropole jusqu’au Havre et alterne tout au long de la Seine « nature et intensité urbaine », développe l’agriculture de proximité et double les autoroutes de monorails.

Pour mieux exalter la beauté des « ciels gris de Paris », Jean Nouvel se sert de ce qui existe déjà, l’embellit, le fait « envahir par le végétal ».

Les Italiens du Studio 88 veulent une ville « poreuse », qui redonne une large place à l’eau, tandis que les Allemands de LIN alternent ville « intense » très dense et équipée, et ville « légère », le tout équipé d’écostations avec véhicules électriques. Le néerlandais Winy Maas pose des panneaux solaires sur les toits, agrandit Roissy et l’entoure de forêts. Quant à Yves Lion (Groupe Descartes), il étend la forêt et construit sur les réserves foncières, encore importantes.

Les architectes rencontreront vendredi le président Nicolas Sarkozy, qui avait appelé à cette consultation le 4 juin dernier, avec l’objectif de « réaliser rapidement un projet d’exception pour l’aménagement de la capitale française ». La métropole parisienne compte aujourd’hui 8 millions d’habitants, dont 2 pour Paris intra muros.

Un débat public sera organisé le 17 mars, avant une exposition des projets à partir du 29 avril à Paris.

 

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