Grand Paris: « L’Etat ne peut pas changer les règles à sa guise »

Michèle Leloup,© lexpress.fr


Vice-présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France, chargée de l’aménagement du territoire, Mireille Ferri a contribué à l’élaboration du Schéma directeur régional de la région (Sdrif). Membre du Comité de Pilotage du Grand Paris, l’élue Verte défend ce document d’urbanisme mis en cause par le gouvernement.

Pourquoi le Sdrif rencontre-t-il autant d’oppositions?

Pour la première fois depuis la loi de décentralisation de 1995, la Région a en charge la planification urbaine. Nous avons investi 4 millions d’euros dans les quatre années d’études du Sdrif qui ont mobilisé les élus de droite et de gauche, les groupements d’intérêt public et les associations citoyennes. Après l’enquête publique, dix-neuf commissaires ont rendu un avis favorable et six départements sur huit l’ont validé. Que faut-il de plus?    

Sur cette question du schéma directeur de l’Ile-de-France, Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional, ne partage bien sûr pas l’avis de Mireille Ferri.

Un peu plus d’ambition, peut-être?

Cet outil urbanistique va décider de l’affectation des sols. Or, il n’y a pas de domaine plus politique que celui-là! Il implique un débat et un projet de société sur l’habitat et l’économie, sur la ségrégation sociale et l’étalement urbain.

Quelles sont ses priorités?

Nous avons interpellé l’Etat sur les transferts de moyens nécessaires pour engager notre programme qui fait état des inégalités sociales en Ile-de-France et des nouvelles règles à établir pour répondre aux problèmes d’environnement. La protection des réserves agricoles, par exemple, se heurte à la planification française. L’Etat dit: « c’est illégal. » Nous, nous disons: « c’est vital! » En outre, la mobilité résidentielle fait aussi partie de nos priorités. Les modes de vie ont changé, les familles ont besoin d’espaces évolutifs et d’un accès à l’habitat plus flexible. J’attends des architectes de la consultation sur le Grand Paris des propositions en ce sens! Une France de propriétaires avec la maison à 100 000 euros n’a plus aucun sens.

Que préconise le Sdrif pour les transports?

Nous souhaitons la mise en réseau des tangentielles ferrées, que l’on attend depuis des lustres, ainsi que le lancement de deux Arcs Express, au sud et au nord. C’est un impératif social pour l’emploi. Mais, au moment d’adopter le Sdrif et de signer un contrat de projets avec l’Etat, celui-ci a fermé le robinet du financement. Il doit en finir avec les injonctions contradictoires!

Et si le Sdrif n’était pas validé?

L’Etat ne peut pas changer les règles à sa guise. Ce document a été voté démocratiquement.

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