Patrick Devedjian : «Ma vision du Grand Paris»

Propos recueillis par Jean-Baptiste Garat, © Le Figaro

Le président UMP du conseil général des Hauts-de-Seine refuse que le syndicat Paris Métropole soit «une machine de guerre» contre le gouvernement.

LE FIGARO. – En quoi consiste l’accord que vous avez négocié avec Paris Métropole ?
Patrick DEVEDJIAN. – Bertrand Delanoë a invité les collectivités de la majorité présidentielle à rejoindre celles, majoritairement de gauche, qu’il a fédérées dans son initiative. Le conseil général et les maires UMP et Nouveau Centre des Hauts-de-Seine ont exprimé leur intérêt pour intégrer cet espace de réflexion, à condition que les règles du jeu soient modifiées. Nous voulons des garanties sur la parité entre la droite et la gauche, une présidence alternée et la possibilité de quitter la structure sans formalité. Nous ne voulons pas être les otages d’une machine de guerre dressée contre la politique gouvernementale. Une fois ces garanties assurées, nous serons disposés à participer au dialogue de Paris Métropole.

Partagez-vous l’aspiration de Bertrand Delanoë à voir Paris Métropole devenir une structure de coordination des politiques locales (logement, recherche, urbanisme…) ?
Bertrand Delanoë a le droit d’avoir son opinion. Mais nous avons la nôtre et nous ne sommes pas d’accord. Selon moi, Paris Métropole doit être un lieu de débats entre la gauche et la droite sur le projet du Grand Paris. Un lieu dépassionné de discussions, de confrontations apaisées, de recherches.

Les propositions du comité Balladur sur le Grand Paris sont-elles abandonnées ?
Rien n’est abandonné. Le président de la République a simplement voulu donner du temps à la réflexion. Nous attendons notamment les conclusions de Christian Blanc et les orientations sur la fiscalité locale. De surcroît, la plupart des collectivités de la région parisienne se sont déjà lancées dans un processus de simplification en développant les intercommunalités. Le rapport Balladur invite à le poursuivre à son terme partout en France et il a raison. Mais dans le même temps, il propose le contraire pour le Grand Paris en les faisant disparaître et en centralisant la gouvernance. Cela mérite réflexion.

La fusion de Paris et des départements de la petite couronne est-elle le bon mode de gouvernance du Grand Paris ?
Personnellement, j’avais été plutôt séduit par le projet qu’avait initialement proposé le président de la République, à savoir une coordination étroite entre les départements et la Région. Et, si le but est de simplifier, je suggère que l’on commence par examiner de près toutes les structures administratives annexes, syndicats, agences et autres observatoires que l’État ne cesse de créer, qui échappent à tout contrôle démocratique et ne sont pas toujours très efficaces.

Un débat serein est-il possible à un an des régionales ?
Il sera bien sûr passionné pendant la campagne électorale mais la discussion se poursuivra bien après. Notamment dans le cadre de Paris Métropole. Notre horizon, c’est 2014. Je crois en cette réforme, elle est nécessaire. C’est pourquoi je crois que le chemin du dialogue avec la Ville de Paris, la Région Ile-de-France et toutes les collectivités concernées est incontournable. Il en va de l’avenir de notre territoire commun.

Si un projet émerge, les Franciliens seront-ils consultés ?
Cela me paraît essentiel d’autant qu’au-delà de la simple gouvernance, les Franciliens attendent surtout qu’on leur apporte des solutions aux problèmes prioritaires de transports et de logement et qui n’ont pas été traités par le comité Balladur.

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