L’Hexagone version Balladur se profile

Libération © Laure EquyMatthieu Ecoiffier

Suppression des cantons, regroupements de régions, création de métropoles et du Grand Paris… les membres du comité présidé par l’ex-Premier ministre votent aujourd’hui le projet de redécoupage administratif.Laure EquyMatthieu Ecoiffier

Le comité Balladur s’apprête à dégoupiller la grenade de la réforme territoriale. Avant la présentation du rapport, probablement la semaine prochaine, ses 11 membres doivent voter aujourd’hui les propositions sur lesquelles ils ont planché depuis fin octobre. Résultat : un « big-bang » territorial censé, s’il est suivi, alléger le millefeuille administratif et, de fait, entraîner des économies en supprimant des doublons.

Chargés par Nicolas Sarkozy d’accoucher de suggestions « audacieuses », l’ex-Premier ministre et consorts ont suivi la commande, prônant la diminution, de 22 à 15, du nombre de régions métropolitaines et la création d’un Grand Paris à l’horizon 2014. En matière de découpage toujours, les cantons, héritages de la Révolution, seraient supprimés et regroupés dans des territoires plus vastes. Un temps évoquée, la disparition des départements n’aurait pas lieu, mais leur champ de compétences serait redessiné.

Déjà vent debout contre les conclusions du comité, Martine Aubry et une brochette de responsables PS ont exprimé, hier, leur « inquiétude que des réformes nécessaires passent au second plan » et « [soient] utilisées dans un strict but politicien ». Pointant une nouvelle « remise en cause des contre-pouvoirs » par Sarkozy, Aubry a annoncé la tenue d' »une grande journée pour la défense des libertés menacées » le 22 mars. Elisabeth Guigou, secrétaire nationale à la réforme de l’Etat a, elle, récusé « la fusion annoncée des élus départementaux et régionaux, sous forme de conseillers territoriaux, ce qui va affaiblir les régions ». « C’est complètement taré »,s’est indigné Alain Rousset, président de l’Association des régions de France, très remonté contre un « texte conservateur et politicien », une « usine à gaz qui va coûter plus cher ». « La raison, c’est la trouille d’une déculottée électorale en 2010. »

Encore sonnés par l’annonce, début février, d’une suppression partielle de la taxe professionnelle (TP) en 2010, les élus locaux espèrent profiter de la réforme pour ouvrir le débat sur une remise à plat de la fiscalité locale. Si elles regrettent une décision « précipitée » et prise « sans concertation »sur la TP, neuf associations d’élus locaux se sont dites partantes pour une réforme fiscale « ambitieuse, innovante » et garantissant « le lien entre les entreprises et les territoires ».

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