Grand Paris : Huchon et Delanoë tentent de s’entendre

Sophie de Ravinel, Le Figaro, © tout droits reservés

Le maire de la capitale a présenté les contours de son projet de Paris métropole

C’est un vaste territoire bancroche qui s’étend depuis Melun, au sud-est, jusqu’à Argenteuil, au nord-ouest, parsemé de petites poches au nord et à l’ouest et d’autres, plus grandes et isolées, autour de Cergy ou même de Mantes-la-Jolie, au nord des Yvelines. Une entité en recherche d’identité, qui rassemblerait jusqu’à deux cents communes et plus de huit millions d’habitants, distincte de la Région Ile-de-France. C’est le Grand Paris de Bertrand Delanoë, baptisé Paris métropole, qui pourrait ressembler à une sorte de communauté d’agglomération. Il se contente aujourd’hui d’être un syndicat mixte d’études, un lieu de concertation entre élus.

Mercredi, au pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne, les frontières ont été proposées, qui seront validées le mois prochain. Et le secrétaire d’État Roger Karoutchi, chef de file de l’opposition à la Région, bien qu’absent, s’est félicité de la capacité des élus de tout bord à «travailler ensemble». Mais leur volonté implicite de se constituer en force de proposition de la démocratie locale face à l’État ne pouvait faire oublier l’opposition entre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le président socialiste de la Région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, qui craint d’être affaibli sur son territoire. Présents tous deux à Nogent, ils n’ont pas hésité, pour atténuer leur rivalité, à faire front contre les projets du secrétaire d’État Christian Blanc sur la Région capitale. Delanoë avait jugé «inadmissible», lundi, que le gouvernement bloque le Schéma directeur de la Région Ile-de-France (Sdrif). Et Huchon, mercredi, a estimé «urgent» d’activer le syndicat mixte d’étude pour «contrer les déclarations fumeuses du gouvernement en matière de fusions».

Mais il reconnaît que le maire de Paris a «une vision plus étroite du périmètre» de Paris métropole, que le sien est «plus ouvert». Il se rassure, aussi, en soulignant que dans ce syndicat mixte «qui restera un outil pour la prise de décision, personne ne va faire le travail de la Région à sa place».

«Aucun sens» 
Ce syndicat doit pourtant être «le lieu ou s’imagine une nouvelle instance politique, note Pierre Mansat, l’adjoint PC de Bertrand Delanoë, chargé des relations avec les collectivités territoriales. Il sera un interlocuteur majeur de Christian Blanc» lorsque sera ouvert le débat sur la gouvernance du Grand Paris, vers fin 2009. Le sénateur UMP Philippe Dallier en doute. Maire des Pavillons-sous-Bois (93), il estime que le périmètre choisi «n’a aucun sens». «Il vaudrait mieux, dit-il, commencer par débattre de la gouvernance, de l’enchevêtrement des compétences, plutôt que de travailler sur des frontières ou de vagues études. Sinon, ajoute-t-il, nous ne pourrons qu’accepter ce que l’État va nous offrir en paquet ficelé.» 

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