Delanoë répond à Sarkozy

Marie Quenet et Bertrand Greco. © Le Journal du Dimanche tout droit réservés

Le maire de Paris est bien décidé à rester l’un des acteurs incontournables dans le débat sur le Grand Paris. Il le démontre en répliquant, dans le Journal du Dimanche, aux critiques et propositions avancées par le Président Nicolas Sarkozy sur ce thème important: comment la capitale et ses communes voisines peuvent affronter ensemble les défis du XXI siècle.

Le président de la République Nicolas Sarkozy a défendu, à deux reprises, l’idée d’un Grand Paris. Que pensez-vous de ses propositions?
Avant même 2001, j’ai posé la question de l’organisation institutionnelle de l’agglomération parisienne. Je n’ai d’ailleurs pas le souvenir que le maire de Neuilly de l’époque, devenu ensuite président du conseil général des Hauts-de-Seine, ait jamais soutenu une telle démarche. L’intérêt du chef de l’Etat sur ce sujet ne me pose donc aucun problème, sinon celui de la méthode employée: avant son annonce de juin, aucun des élus de l’agglomération n’a été consulté, et depuis pas davantage. Comment accepter qu’un simple comité interministériel décide seul de l’avenir de l’agglomération parisienne?…

Y voyez-vous une volonté de « reprise en main »?
Il semble que le chef de l’Etat assume ouvertement un mode de pilotage très centralisé, sur de nombreux sujets. Mais il y a une limite: dans notre République, les principes de séparation des pouvoirs et d’autonomie des collectivités locales ne l’autorisent pas à se substituer aux maires ou aux présidents de conseils régionaux. Il faut donc respecter la légitimité de tous les élus et, sur cette base, je suis convaincu qu’il sera possible d’avancer, y compris avec l’Etat.

Vos adversaires diront que votre Conférence métropolitaine est insuffisante…
Ce n’est pas ma conférence, mais le fruit d’une volonté partagée, puisqu’une cinquantaine de maires de toutes sensibilités politiques l’ont créée en juillet 2006. Pourquoi? Parce que jusqu’à présent nous n’avions aucun lieu pour travailler ensemble. Nos réunions ont permis de faire émerger un point de vue cohérent sur des sujets majeurs comme les déplacements ou le logement. Nos travaux ont posé la nécessité de réaliser un métro en rocade dans la première couronne. Je suis donc stupéfait d’entendre le président de la République évoquer des élus qui n’arriveraient pas à se parler: c’est précisément l’objet de cette Conférence métropolitaine. Et notre prochaine réunion, mardi, portera sur le développement économique et l’emploi. J’appelle d’ailleurs l’UMP à réviser sa position, puisque jusqu’à présent sa seule contribution a consisté à boycotter cette instance. Curieuse conception du dialogue, non?

Certains veulent une loi sur le Grand Paris, qu’en pensez-vous?
Deux méthodes s’opposent: contourner les élus et préparer dans l’opacité des réformes législatives à la hussarde ; ou construire à partir de ces élus. C’est la seule option valable. Je propose donc aujourd’hui que, dès après les élections de mars prochain, les nouveaux élus légitimés par le suffrage universel se réunissent dans le cadre d’assises de l’agglomération parisienne, pour élaborer un schéma institutionnel et un calendrier. A l’issue de ce processus, le dispositif législatif à engager sera le fruit d’une vraie concertation.

Quel Grand Paris souhaitez-vous concrètement?
La discussion devant, selon moi, s’ouvrir après les élections, je refuse à ce stade d’anticiper sur ses conclusions. Simplement, une remarque: nous ne partons pas de rien. Il existe déjà en région parisienne de grands syndicats intercommunaux qui gèrent l’assainissement ou le traitement des déchets. Il existe aussi le Stif, chargé d’organiser les transports franciliens. Pour le reste, nos concitoyens attendent des réponses concrètes sur les grands enjeux: la difficulté à se loger, un développement économique déséquilibré entre Est et Ouest, des inégalités sociales et fiscales entre les communes. Une structure intercommunale devrait donc donner plus de force à notre agglomération, notamment en favorisant un meilleur partage des ressources fiscales et des efforts de solidarité. Surtout, il appartiendra à l’Etat d’assumer ses responsabilités, à travers des dotations budgétaires équivalentes à celles des autres intercommunalités françaises.
(…)

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