Bras de fer sur le Grand Paris

Sophie de Ravinel © Le Figaro

Le secrétaire d’État au Développement de la Région capitale, Christian Blanc, qui recevait mardi soir les parlementaires franciliens, cristallise les oppositions.L’objectif principal de l’entourage de Christian Blanc consiste à gérer son silence.

Faire en sorte que ce silence ne sonne pas vide. La tâche n’est pas facile. Un de ses confrères du gouvernement s’interroge d’ailleurs : «Il est ministre Christian Blanc ? Ah oui, c’est vrai, j’avais oublié…» Il y a six mois, Nicolas Sarkozy a demandé à l’ancien PDG de la RATP et d’Air France de plancher sur le Grand Paris. Celui-ci a constitué une «mission d’administration» forte de quarante personnes et s’est fixé une règle, expliquée fin juin aux Assises de la métropole : «Cette discrétion médiatique est un encouragement à travailler sur le fond des choses.» Certes. Mais pour beaucoup d’élus, y compris de la majorité présidentielle, le silence pèse alors que se profilent les primaires UMP pour le choix du candidat aux régionales.

Mardi soir, ils sont donc venus nombreux, une centaine, écouter le secrétaire d’État chargé du Développement de la Région capitale pour son premier grand raout, organisé à l’occasion des six mois de son installation. Les invités – parlementaires d’Ile-de-France et quelques architectes comme Roland Castro ou Antoine Grumbach – étaient mus par l’envie de l’entendre s’exprimer. De le voir surtout s’entretenir avec le président socialiste de la Région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. Ils n’ont pas été déçus. Les échanges, selon un participant, auraient été vifs entre les deux hommes. Il faut dire que cette réception tombe pour la Région à un moment certes compliqué. Demain en fin de journée, elle devrait voter le schéma directeur pour la Région Ile-de-France (Sdrif), destiné à planifier son développement jusqu’en 2030. Roger Karoutchi, chef de file UMP au conseil régional, sait qu’il ne peut empêcher le vote du texte. Mais il va déposer 44 amendements. Ce Sdrif, pour lui et malgré les modifications apportées ces derniers mois, «ne répond toujours pas aux ambitions de développement d’une Région capitale». Pour éviter toute incompatibilité avec le Sdrif, les élus UMP de la Région, et avec eux le gouvernement, veulent surtout attendre les propositions concrètes de Christian Blanc. Le premier dossier, celui du Plateau de Saclay, sera présenté à la mi-octobre, alors qu’en décembre est attendu celui de la Plaine de France. Le ministre devra aussi intégrer les projets «Grand Paris» sur lesquels bûchent actuellement dix équipes d’architectes. Résultats attendus début 2009.

L’opposition entre l’État et la Région socialiste se cristallise sur ce Sdrif. Elle ne devrait qu’empirer. En effet, une fois le vote acquis, le schéma sera transmis au gouvernement. Or ce dernier n’a aucune intention de le transmettre tel quel au Conseil d’État, qui doit ensuite promulguer le décret nécessaire à son application.

Appel au «dialogue constructif»

Jean-Paul Huchon a déjà fait publiquement savoir qu’il entendait lancer une procédure juridique si, au terme du délai maximal de six mois, le gouvernement ne transmettait pas le dossier… Le Sdrif n’est pas encore né et le développement peut attendre. Déjà, le Medef Ile-de-France a appelé à un «dialogue constructif» entre la Région et l’État. Pour sa part, le Conseil économique et social d’Ile-de-France souhaite que le Sdrif, «s’il est approuvé», soit transmis «dans les meilleurs délais au Conseil d’État». «Une prolongation des délais, juge-t-il, serait de nature à rendre l’exercice plus difficile, voire impossible, au fur et à mesure que se rapprochent les échéances électorales pour la Région.»

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :