Réveiller Paris

© le Monde. Béatrice Jérôme

La question des  » tours  » – ou, plus exactement, de la suppression des limites maximales de hauteur, au-delà des 37 mètres actuels, sur plusieurs sites périphériques parisiens – est de celles qui provoquent légitimement la polémique. Les arguments pour et contre les immeubles de grande hauteur (IGH) mélangent des éléments techniques, le souci de la qualité de vie et des interrogations purement esthétiques.

C’est d’abord une affaire d’histoire architecturale. Il existe, désormais, un rejet instinctif de tout  » grand ensemble « . Dans Paris et sa région, les barres ou les tours, de bureaux ou d’habitation, ne laissent de bons souvenirs qu’aux historiens de l’architecture moderne. On peut pourtant imaginer des grands ensembles qui ne ressemblent pas à la cité des 4 000 de La Courneuve, et des gratte-ciel plus séduisants que la tour Montparnasse.

La deuxième question est liée à celle du Grand Paris. Dès lors qu’on accepte d’intégrer Paris dans un territoire plus vaste, tous les paramètres changent : densité, transports, équipements publics, enseignement, sécurité, santé. Chaque projet de tour, ayant des implications sur tous ces paramètres, ne peut donc être imaginé hors de son contexte urbain. Or il est possible d’envisager le développement de la  » région capitale  » de façon régalienne, comme Nicolas Sarkozy confiant une mission à dix équipes d’architectes, ou bien de suivre la démarche du maire de Paris, Bertrand Delanoë, et de son adjoint Pierre Mansat qui affirment vouloir associer les populations aux choix d’urbanisme.

Troisième question, imposée par l’émergence des questions écologiques dans le champ de la construction : quelles garanties aura-t-on que les immeubles de grande hauteur ne seront pas excessivement consommateurs d’énergie, dans leur phase de construction et, surtout, de fonctionnement ?

Sous réserve que les projets soient de bonne qualité et que les préalables administratifs et écologiques soient levés, la construction de  » tours « , à Paris, répond en partie au besoin de logements et à celui d’un nouveau dynamisme architectural, dans une ville-musée, menacée par le conservatisme.

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