Le Conseil de Paris lance la construction de tours

© Le Nouvel Observateur

Les élus ont autorisé le lancement d’une étude pour permettre la construction de tours dépassant le plafond actuel de 37 mètres. Six sites sont concernés.
Le Conseil de Paris a décidé, mardi 8 juillet, de lancer une étude pour permettre la construction de tours au pourtour de la capitale, dépassant le plafond actuel de 37 mètres.
Si la majorité de Bertrand Delanoë PS-PRG, PCF, MRC ainsi que le groupe du Centre et indépendants ont voté pour, l’UMP mais aussi les Verts ont voté contre.
Alors que les Verts sont opposés à toute construction de tours, critiquant une architecture énergivore et qui, selon eux, ne fait pas gagner de densité, l’UMP, elle, ne veut pas de logements dans des tours de 50 mètres, qu’elle souhaite voir occupées seulement par de grands équipements et des activités économiques.Six sites proposés

Au final, six sites de construction sont proposés : Bercy-Charenton (XIIe), Masséna Bruneseau (XIIIe), Porte de Versailles (XVe), Batignolles (XVIIe), Porte de la Chapelle (XVIIIe) et Porte de Montreuil (XXe).
Il faudra modifier ponctuellement le plan local d’urbanisme (PLU) pour ces opérations.
« Rien n’est ficelé », a assuré Anne Hidalgo, adjointe PS à l’urbanisme, indiquant que le Conseil se prononcerait sur chacun des sites retenus. Elle a également annoncé qu’une « conférence citoyenne » de concertation avec les Parisiens serait lancée en janvier.

Réticence des Parisiens
Le maire socialiste de la ville, Bertrand Delanoë avait plaidé un peu plus tôt dans la matinée devant les élus municipaux pour la construction de ces tours, tout en reconnaissant que les « Parisiens sont réticents à l’idée même d’immeubles de très grande hauteur ». Bertrand Delanoë a ouvert le débat sur le sujet très polémique de la construction de tours à Paris en souhaitant qu’il soit « serein et sans tabou ». « L’enjeu c’est de trouver de la place, d’abord pour le logement » et pour cela, a-t-il affirmé, « nous ne pouvons pas nous interdire de regarder vers le haut ». Le maire de Paris n’avait pas réussi à réunir une majorité sur la construction de ces tours en périphérie de la capitale lors de son premier mandat.

Réticence des Parisiens
« Les Parisiens sont réticents devant l’idée même d’immeubles de très grande hauteur : les sondages le disent assez clairement. Mais le devoir d’un responsable public est de se laisser guidé par le sens de l’intérêt général plutôt que par les sondages », a déclaré la maire socialiste de Paris.
Bertrand Delanoë a assuré que « les immeubles de grande hauteur seront réalisés selon une démarche exemplaire de développement durable ». « Je n’autoriserai des constructions au-delà de 37 m que si elles sont parfaitement conformes au plan climat », avait-il indiqué la veille en marge du conseil de Paris. Ces six sites se trouvent dans la zone tampon reliant Paris à ses communes limitrophes : les Batignolles, la porte de la Chapelle, la porte de Montreuil, Bercy-Charenton et Masséna Bruneseau et la porte de Versailles et Bertrand Delanoë a estimé que « le sujet des immeubles de grande hauteur invite à changer d’échelle » et à créer une synergie entre Paris et les communes voisines, car « ce qui est en jeu, c’est le devenir de toute notre agglomération ».

Immeubles de 50 mètres
Destinés au logement social ou privé, les immeubles pourraient s’élever à 50 mètres du sol, ce qui représente 15 étages. Certains « équipements économiques ou publics », à l’image du futur Tribunal de grande instance (TGI) pourraient, pour leur part, aller bien au-delà de cette hauteur.
D’après la mairie, construire des tours jusqu’à 50 mètres de hauteur permettrait d’augmenter de 20 à 30% la constructibilité de logements sociaux. D’autre part, seuls les immeubles de plus de 50 mètres sont soumis aux contraintes des immeubles de grande hauteur (IGH), notamment en ce qui concerne la sécurité incendie.
La dénomination « tour » est réservée aux bâtiments de plus de 100 mètres de haut. La future tour Signal de Jean Nouvel, à la Défense, mérite cette appellation : elle devrait atteindre une hauteur de 300 mètres.

« Ne pas déplafonner Paris »
Première adjointe au maire de Paris, chargée de l’urbanisme, Anne Hidalgo affirme qu’il ne s’agit pas de « déplafonner Paris de façon générale ». »On n’est pas obligés de reproduire de l’haussmannien à l’infini », explique-t-elle.
Elle regrette que les Verts et l’UMP aient « bloqué » le dossier des immeubles de grande hauteur pendant le premier mandat de Bertrand Delanoë. Réélu avec 57,7% des voix, le maire de Paris est désormais plus soutenu dans son projet : le groupe PS-RG, le PCF et le MRC sont pour.
Seuls les Verts, partie prenante de la majorité mais en faiblesse depuis les dernières municipales, restent toujours farouchement opposés à ce qu’ils qualifient d’architecture « bling bling et tape à l’œil ». Ils affirment que « les Parisiens ne demandent pas de tours », sondage à l’appui. La population locale s’y dit opposée à 63%.
L’adjoint Verts à l’environnement Denis Baupin estime qu’il n’y a « pas de tours compatibles avec le plan climat ». La question des tours est, pour lui, aussi un « débat d’images » entre Nicolas Sarkozy qui veut des tours à La Défense, et Bertrand Delanoë.

Divisions au sein de l’UMP
Le parti présidentiel demeure, pour sa part, divisé sur les immeubles de grande hauteur. Le président du groupe UMP Jean-François Lamour s’est prononcé contre « des tours de logement de 50 mètres ». Un groupe de jeunes conseillers, mené par Pierre-Yves Bournazel y est pour sa part plus favorable, et va même jusqu’à demander la construction de gratte-ciel.
Anne Hidalgo pointe « l’immobilisme » de Jean-François Lamour. Elle condamne la demande de référendum faite par les Verts : « il ne s’agit pas de se prononcer pour ou contre des tours, c’est caricatural », juge-t-elle, admettant qu’ « il y a un désaccord de fond avec les Verts. Il est assumé ».

Consultation publique
L’adjointe de Bertrand Delanoë plaide pour une « conférence citoyenne » auprès d’un échantillon d’habitants de la « métropole » pour accompagner cette réflexion sur les « hauteurs » et « passer à la vitesse supérieure.
Si cette réflexion aboutit, le plan local d’urbanisme devra être modifié au coup par coup pour que des immeubles de plus de 37 mètres de haut puissent être construits.

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