Ile-de-France – Une nouvelle collectivité est née pour le Grand Paris

· Sébastien Ramnoux © Le Parisien, tous droits réservés.

SEINE ET MARNE SUD

«SYNDICAT mixte ouvert »* : le terme est barbare, il cache pourtant une vraie révolution en Ile-de-France. Plus de 200 élus franciliens de tous bords, rassemblés hier lors des Assises de la métropole, à la Plaine Saint-Denis, ont accepté de créer à la rentrée ce futur « syndicat mixte ouvert » auquel les collectivités d’Ile-de-France pourront adhérer. Une formule souple qui permettra aux élus locaux de travailler ensemble sur des problématiques urgentes comme le logement, les transports ou l’économie.

Partager les taxes perçues sur les transactions immobilières « Il y a encore quelques mois, non seulement cette réunion semblait impensable, mais la création de ce syndicat encore moins », se félicite Philippe Laurent, maire DVD de Sceaux (Hauts-de-Seine). Avant la création de ce syndicat, la conférence métropolitaine créée par le maire PS de Paris Bertrand Delanoë faisait office de lieu de débat et de réflexion, mais elle était boudée par les élus UMP et surtout par les puissants Hauts-de-Seine. Hier, revirement général, les « patrons » de l’UMP d’Ile-de-France étaient là : Roger Karoutchi, responsable du groupe UMP au conseil régional, et surtout Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine et secrétaire général de l’UMP. Malgré tout, cette union de façade s’est faite sur le plus petit dénominateur commun : le syndicat mixte n’est pas contraignant, il ne crée pas une nouvelle intercommunalité avec des enjeux de pouvoir et surtout ne touche pas au nerf de la guerre, le partage des richesses et la fiscalité. Hier, les débats ont montré que sur ces sujets sensibles, personne n’est d’accord : à gauche, les élus plaident pour une solidarité fiscale. Claude Bartolone, président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis, propose de mutualiser les taxes perçues sur les transactions immobilières, les droits de mutation, manne énorme dans les villes comme Paris où elles rapportent près de 1 milliard d’euros ! « En partageant ces recettes, je pourrais financer en un an six collèges en Seine-Saint-Denis ! » commente Claude Bartolone. Bertrand Delanoë s’est dit « ouvert » hier à cette idée. Jean-Paul Huchon, président PS du conseil régional, a avancé de son côté une augmentation du fonds de solidarité d’Ile-de-France, pour le porter de 180 M € par an actuellement à 500 M € , une somme prélevée sur les communes les plus riches au profit des plus pauvres. Dans les Hauts-de-Seine, bien peu sont d’accord avec ces propositions. Patrick Devedjian s’est déclaré « d’accord pour partager », mais seulement les richesses supplémentaires générées par le futur développement de l’Ile-de-France. Le futur syndicat mixte sera chargé d’étudier toutes ces propositions. Après, il faudra trouver un accord politique.

* Syndicat mixte ouvert : les collectivités qui le souhaitent ( communes, intercommunalités, départements, région, chambres consulaires… ) peuvent adhèrent à ce nouveau « syndicat mixte ouvert » après délibération. C’est à elles de déterminer ses responsabilités : transport, énergie, environnement, action économique…

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :