Ile-de-France – Les départements de gauche unis contre Sarkozy

· David Charpentier © Le Parisien, tous droits réservés.

ILS ÉTAIENT visiblement contents de leur coup. Hier matin, cinq présidents de conseils généraux d’Ile-de-France, tous dirigés par des exécutifs socialistes ou communiste*, ont présenté à Créteil (Val-de-Marne) leur vision du Grand Paris à travers une déclaration commune. Une façon de reprendre la main dans un chantier lancé à Roissy par Nicolas Sarkozy en juillet 2007 avant d’en confier les rênes à Christian Blanc, secrétaire d’Etat au Développement de la région capitale. Le « coffre-fort » des Hauts-de-Seine. Pour arriver à leurs fins en matière de construction de logements ou de nouvelles lignes de transport et afin de rendre le Grand Paris plus « solidaire », les élus de gauche ont leur petite idée. Les départements dits « riches » (sont principalement visés Paris et les Hauts-de-Seine) seront priés de participer à l’effort et non pas de protéger « leur coffre-fort comme le fait le président des Hauts-de-Seine », ironise Claude Bartolone (Seine-Saint-Denis, PS).

« La richesse produite dans les zones les plus riches l’est souvent par des salariés habitant ailleurs, se justifient-ils. Trois Franciliens sur quatre ne travaillent pas dans leur commune de résidence et un sur deux exerce hors de son département. » « La répartition des richesses est nécessaire sans tomber dans la caricature des pauvres contre les riches et d’une redistribution à la Robin des bois », martèle Vincent Eblé (PS, Seine-et-Marne). Un emprunt pour un métro tout de suite. L’idée commence à faire son chemin. Pour faire face aux enjeux des transports en Ile-de-France (saturation du RER A, de la ligne 13 du métro…), Claude Bartolone a lancé l’idée d’un « grand emprunt auprès de la Banque européenne » afin de construire un métro « tout de suite et non pas dans trente ans ». L’emprunt, dont le montant n’a pas été précisé, pourrait être garanti par la Banque européenne d’investissement. Inventer une nouvelle région. Les cinq présidents préfèrent donc se placer « sur le terrain des projets » et pas sur celui d’une quelconque gouvernance, un thème qui « obsède » la droite. Quant au périmètre du Grand Paris, Christian Favier (Val-de-Marne, PC) rappelle qu’il « ne saurait être question de couper les départements en deux ». « Le défi à relever ressemble à celui de nos prédécesseurs dans les années 1960 quand ils ont créé les départements, Orly, le RER et les villes nouvelles. Il nous faut inventer de nouvelles réponses », conclut Michel Berson (Essonne, PS).
* Les départements représentés étaient le Val-d’Oise, par Didier Arnal (PS), l’Essonne, par Michel Berson (PS), la Seine-et-Marne, par Vincent Eblé (PS), la Seine-Saint-Denis, par Claude Bartolone (PS), et le Val-de-Marne, par Christian Favier (PC).

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