Grand Paris – Ce que vos élus souhaitent

· David Charpentier © Le Parisien, tous droits réservés.

VAL DE MARNE

LE GRAND PARIS valait bien une séance. Les 49 conseillers généraux du département ont débattu hier après-midi pendant quatre heures de leur vision de la future métropole Paris-Ile-de-France. Ils ont mis en place une mission d’information et d’évaluation sur son avenir. Après la lettre de mission adressée par Nicolas Sarkozy à Christian Blanc, le secrétaire d’Etat spécialement nommé au Développement de la région capitale, les départements s’emparent du dossier. Le débat n’est donc plus limité aux seuls Sarkozy, Huchon et Delanoë et fait l’objet dans le Val-de-Marne d’un consensus relatif , même si quelques divergences subsistent entre gauche et droite (voir encadré). Reste maintenant à intéresser aussi le grand public à une question encore très technique, loin de ses préoccupations quotidiennes. Le logement et les transports, incontournables. Si le Grand Paris devait immédiatement traiter deux problèmes, ce serait assurément ces deux-là.
Aujourd’hui la moitié de la population du Val-de-Marne et 41 % des emplois ne sont pas desservis par des transports en communs lourds (métro et RER). Enfin, 50 000 familles attendent un logement dans un département où l’habitat social constitue près d’un tiers du parc total de logements. « Il faut un plan Marshall des transports, c’est une question de survie », a réclamé Daniel Roblin, conseiller général UMP qui a expliqué que le projet Orbival fait le consensus parmi les élus du département. Solidarités territoriales. Pour beaucoup d’élus, l’équation du Grand Paris se résumerait à deux chiffres. Et au palmarès du grand méchant loup, Paris et les Hauts-de-Seine remportent la palme. Ils reçoivent à eux seuls 80 % de la taxe professionnelle pour 60 % de la population. Quand la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne en perçoivent 20 % pour 40 % de la population. « Comment parler d’un territoire attirant quand les émeutes de 2005 ont montré de telles inégalités aux portes de Paris », s’est insurgé Daniel Breuiller (Gauche citoyenne). L’élu évoque la création d’un fonds régional d’aménagement et d’investissement alimenté par une augmentation de la fiscalité pesant sur les entreprises à Paris et dans les Hauts-de-Seine. « Pas question que le dynamisme de La Défense profite uniquement à Nanterre et à Puteaux », conclut-il. Sur les bancs de la droite, on opine du chef. « Il faudra désormais penser métropolitain en respectant le voisin, annonce Jacques JP Martin, chef de file de l’UMP. Et, à ce titre, je regrette l’attitude du président du conseil général des Hauts-de-Seine qui a affirmé ne pas vouloir partager ses richesses avec ses voisins. »

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