Hidalgo veut que Paris prenne de la hauteur

A Paris, nouvelle mandature, nouvelle adjointe à l’urbanisme, nouveau ton. Hier, pour sa première conférence de presse, Anne Hidalgo première adjointe PS et titulaire de la délégation, a abordé de front les questions qui fâchent. En gros : comment construire plus et plus haut.

Pendant la campagne, le candidat Delanoë avait déminé le sujet en rendant publiques des esquisses sur « les hauteurs », mot pudique pour dire tours. Désormais, on passe à l’acte. « On va optimiser en ne se privant pas d’aller jusqu’à 50 mètres de haut pour du logement », a posé Anne Hidalgo. Davantage que le maximum de 37 mètres. Cinq sites en vue : Bercy- Charenton, Masséna-Bruneseau et porte de la Chapelle, dans les tuyaux depuis un moment, mais aussi Batignolles et porte de Montreuil, rajoutés depuis peu. « A 50 mètres, on n’est pas dans les immeubles de grande hauteur », a tempéré l’élue, mais cela permet de gagner jusqu’à 100 000 m2 de logements sur un secteur comme Masséna-Bruneseau, sans doute le premier chantier lancé dès septembre.

Dix équipes. Autre avantage, ces endroits du pourtour de Paris sont pensés « dans le lien avec les autres communes ». Le matin même, Anne Hidalgo avait présenté la cession à prix d’ami à la ville de Saint-Ouen de terrains que la capitale possède sur cette commune, laquelle veut y faire des logements. Des travaux pratiques de constitution du Grand Paris en somme. Sur ce chapitre, l’adjointe a apprécié les réflexions des dix équipes retenues lors de la consultation lancée par Nicolas Sarkozy, « quand on a les meilleurs autour de la table, on ne va pas bouder notre plaisir », a-t-elle noté. Mais elle doute que le commanditaire en ait eu autant qu’elle, en lisant ces dix notes stratégiques très conceptuelles. « Certaines équipes s’interrogent : est-ce qu’il a bien compris que c’est de l’urbanisme, pas de l’architecture ? »

C’est dit avec le sourire. Amabilité ironique aussi pour rappeler à la SNCF, qui demande trop cher de ses terrains du nord-est, qu’elle ne va « pas faire monter la Ville au cocotier. Si leurs entrepôts valent cher, c’est bien parce que le tramway va passer devant ».

On sent l’élue pleine d’allant pour son nouveau boulot. Il va lui en falloir. Car les tours ne seront qu’une petite partie de son ouvrage. Le gros du travail consistera à modifier le Plan local d’urbanisme (PLU) pour rechercher du terrain propre à accueillir des logements sociaux. Il n’y a plus de grandes zones à conquérir : on gratte dans les coins. 10 % de foncier supplémentaire pourraient être dégagés ainsi. Ça fera moins parler que les tours. Pourtant, sur la ville, l’élue veut des « ateliers thématiques » et « du dialogue avec les Parisiens ». Cela aussi, c’est nouveau.

  • Sibylle Vincendon
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