Le « cheval de Troie politique » de l’Elysée

Martine Chevalet © Le Parisien,  tous droits réservés.

LE GRAND PARIS est-il le « cheval de Troie » de l’Elysée contre la gauche en Ile-de-France et, au-delà, une recentralisation transposable aux 22 régions socialistes ? Depuis septembre, l’idée d’une nouvelle « gouvernance » en Ile-de-France a placé Jean-Paul Huchon, patron du conseil régional, et Bertrand Delanoë, maire de Paris, sur la défensive. Quand elle n’a pas attisé leurs rivalités… Cela n’est évidemment pas pour déplaire à Nicolas Sarkozy qui juge l’Ile-de-France paralysée par un « concours d’immobilisme » permanent. « C’est bien évidemment une offensive en vue des régionales de 2010 », réplique Jean-Paul Huchon. Pour lui, la réunion des architectes à l’Elysée intervient « comme par hasard » à dix jours de la publication de l’enquête publique du schéma directeur d’Ile-de-France (Sdrif). Une prospective menée depuis trois ans avec les communes et les associations sur le devenir de la région que l’initiative élyséenne relègue au second plan.
En dénonçant de concert « l’opération de communication » de l’Elysée, Bertrand Delanoë et Jean-Paul Huchon se serrent les coudes : ils ont compris que les formes institutionnelles du Grand Paris conditionnent leur avenir politique. Faut-il constituer un simple « syndicat mixte » permettant de ménager les susceptibilités de tous, y compris des barons UMP qui ne veulent pas partager les richesses de leur taxe professionnelle communale ? Privilégier une communauté urbaine plus ambitieuse ? Ce choix est volontairement remis à plus tard et avec lui la question de savoir qui pilotera la machine. « Le débat essentiel de la gouvernance viendra en 2009. Nicolas Sarkozy n’en a pas une idée arrêtée. Ce qu’il veut, c’est que ça marche. Il prendra les initiatives adaptées pour une intervention forte de l’Etat », précise Roger Karoutchi, président du groupe UMP d’Ile-de-France. Il pourrait s’agir d’une loi-cadre assortie d’ores et déjà d’une réflexion sur les différents niveaux de collectivités. L’idée que les régions françaises ne sont plus à l’échelle de la concurrence européenne n’est pas écartée. « Pourquoi pas dix grandes régions au lieu de 22 ? » s’interroge le ministre.

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