Le Grand Paris suscite des tensions dans la majorité

Laurence Chavane, © Le Figaro

Le projet du sénateur Dallier a été aussitôt rejeté par l’UMP Roger Karoutchi.
Les propositions pour le développement de Paris fleurissent. Après les «Scenarii pour la métropole», proposés vendredi par le conseil régional d’Ile-de-France, c’est le sénateur UMP de Seine-Saint-Denis Philippe Dallier qui a exposé mercredi sa vision du Grand Paris : une métropole réussissant à la fois à défendre son rayonnement mondial et sa cohésion sociale. Avec la fusion en un seul conseil général des quatre départements de la petite couronne (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne).

Après avoir d’ailleurs systématiquement démoli les plans de ses concurrents (le statu quo, un Paris de trente ou quarante arrondissements, une métropole de la taille de l’Ile-de-France…), Philippe Dallier, rapporteur de l’Observatoire de la décentralisation du Sénat, a expliqué que la création d’un Grand Paris en deux étapes était la meilleure façon d’avancer rapidement.

D’abord en fusionnant les quatre départements dès 2010. Et si possible en créant, dès l’année suivante, une nouvelle collectivité du Grand Paris, unique en son genre, avec un président élu au suffrage universel direct. L’intérêt est que l’État y soit d’emblée reconnu comme un partenaire financier pour le développement d’infrastructures d’intérêt national.

Roger Karoutchi, postulant à la présidence de la Région en 2010, s’est immédiatement élevé contre cette vision. Le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement a rejeté mercredi «la fusion des départements de Paris et de la petite couronne», jugeant ce projet «politiquement irréaliste». Et lui reprochant «d’exclure la possibi­lité d’une participation de l’État et de la région à la future entité». Possibilité que venait pourtant de démontrer Philippe Dallier…

L’approche du sénateur de Seine-Saint-Denis n’est pas la plus compliquée parmi les nombreux projets sur l’avenir de Paris. Pour lui, gérer la capitale à plus vaste échelle permettrait de répondre à quatre problèmes prioritaires, le logement, les transports, le développement économique et la sécurité. Ces sujets intéressent directement les Franciliens, moins passionnés par les méandres de l’organisation institutionnelle du Grand Paris.

Le projet Dallier permettrait qu’un plan global décide avec chaque commune les objectifs de construction de logements. La création d’une agence foncière du Grand Paris dégagerait de nouveaux terrains à construire. Et le lancement du Métrophérique souterrain serait facilité grâce à une volonté politique forte. Une police métropolitaine serait aussi créée par fusion des polices municipales et des différents agents de surveillance.
Économies d’échelle

Ce nouvel ensemble permettrait certainement des économies d’échelle, en évitant les doublons pour une même compétence. Le budget initial, qui représente l’addition des quatre budgets départementaux (5,4 milliards), ne serait pas augmenté, «car Paris la riche ne doit pas tendre la main à la nation». Et le fait d’attribuer des compétences spécifiques (logement, transports…) à la nouvelle collectivité permettrait d’engager des économies sur les dépenses non obligatoires (culture, sport, jeunesse, coopération décentralisée…) qui s’élèvent à 830 millions. Car l’idée court au gouvernement de clarifier les interventions des communes, des départements et des régions en spécialisant leur rôle et donc leurs dépenses. Face à ce bouillonnement autour du Grand Paris, le nouveau secrétaire d’État en charge du Développement de la région capitale, Christian Blanc, n’a toujours pas reçu sa feuille de route de Matignon.

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