Grand Paris : le grand pari confié à Christian Blanc

19.03.2008©Europe 1

En créant un poste de secrétaire d’Etat chargé du « développement de la région capitale », confié à Christian Blanc, Nicolas Sarkozy met en chantier une réforme qu’il a à plusieurs reprises appelée de ses voeux. Il vient aussi marcher sur les plates-bandes de du maire de Paris, Bertrand Delanoë, et et du président PS de la région, Jean-Paul Huchon.

Lors de ses voeux à la presse, Nicolas Sarkozy avait défendu son projet de regrouper Paris avec une centaine de communes et promis de « s’impliquer personnellement » dans ce chantier. « Je ne laisserai pas ce projet s’enliser, je ne laisserai personne le bloquer », avait lancé le chef de l’Etat, affirmant que la situation de l’agglomération parisienne, l’une des rares en France à ne pas être organisée en communauté urbaine, était devenue « inacceptable ». Bertrand Delanoë avait répliqué qu’il « n’y avait pas d’enlisement d’un processus de concertation authentique, auquel l’Etat ne s’est pas associé jusqu’à ce jour ». Sans choisir entre la formule « Grand Paris », chère à l’UMP ou « Paris Métropole », chère au PS, le chef de l’Etat a donc confié à l’occasion du remaniement ministériel le poste à un homme qui connaît bien l’Ile-de-France puisqu’il a été patron de la RATP, préfet de Seine-et-Marne et député des Yvelines.

Le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon a aussitôt réagi : « je n’ose croire que la seule leçon que le président tire du scrutin, c’est qu’il faut déjà préparer les régionales de 2010 avec un secrétaire d’Etat qui n’aura qu’une obsession : affaiblir la Région et la Ville de Paris ». Nicolas Sarkozy empiète en effet sur le terrain du maire de Paris Bertrand Delanoë, qui a inscrit la création d’une structure de coopération intercommunale à son programme. Son projet, « Paris Métropole » pourra, assure-t-il, « faire vivre une véritable solidarité, y compris fiscale, entre toutes les collectivités qui la composeront ».

Au sein de l’UMP, deux visions s’opposent, celles des deux prétendants à la présidence de la région Ile-de-France en 2010, le député de Seine-et-Marne, Yves Jégo, nommé mardi à l’Outre-mer, et le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi. Ce dernier, chef de file de l’UMP au conseil régional, préconise la création d’un « syndicat mixte ouvert » associant communes et départements à des projets d’infrastructure, sur la base du volontariat. Yves Jégo défend l’idée d’une communauté urbaine organisée par voie législative.

Des états-généraux sur la gouvernance en Ile-de-France, organisés le 12 avril par M. Karoutchi, pourraient permettre d’y voir plus clair. Cette manifestation sera organisée par l’association « Alternance pour l’Ile-de-France », créée en août par M. Karoutchi, qui compte cinq ministres franciliens du gouvernement, 71 parlementaires franciliens sur 84, et plusieurs centaines d’élus locaux.

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