Les Parisiens confortent les ambitions de Bertrand Delanoë

Béatrice Jérôme. © Le Monde tout droit réservés

Même si l’UMP conserve à Paris ses huit arrondissements, le PS, avec 57,7 %, creuse l’écart. Il s’affranchit à l’Hôtel de Ville du MoDem, mais aussi des Verts

La gauche est largement confortée, la droite doit se reconstruire.  » Paris a exprimé sa confiance dans l’avenir « , s’est réjoui Bertrand Delanoë, dimanche 16 mars, sous les lambris de l’Hôtel de Ville.  » Mais il n’y a nulle place pour l’autosatisfaction ni pour le relâchement de l’action « , a-t-il ajouté après avoir salué, parmi les nombreux invités, Lionel Jospin, radieux, au côté de sa femme, Sylviane Agacinski. Avec 57,7 % des voix au second tour, la gauche amplifie son score du premier tour (41, 6 %). Pour la première fois, le PS, le PCF, le PRG et le MRC alliés aux Verts sont majoritaires en voix dans la capitale.  » On monte très haut dans les douze mairies de gauche sortantes « , se félicitait, dimanche, Patrick Bloche. Le patron de la fédération socialiste de Paris fait partie des trois maires PS élus au premier tour.  » On ne pourra plus dire que l’élection de la gauche dans le 12e est un accident « , se réjouissait Michèle Blumenthal, maire (PS) réélue avec 64,77 % des voix contre 51 % en 2001. Le PS réalise son meilleur score dans le 10e arrondissement, où Rémi Féraud succède à Tony Dreyfus avec 74,96 % des suffrages.

Le PS fait aussi des avancées dans les arrondissements de droite. Avec 47,25 % des voix dans le 17e, Annick Lepetit (PS), qui se présentait contre Françoise de Panafieu (UMP), accroît de plus de douze points le score de la gauche en 2001. La chef de file de la droite, maire sortante du 17e, est réélue, mais, dans cet arrondissement, l’UMP perd un conseiller au profit du PS. La majorité sortante, qui détenait 92 sièges au Conseil de Paris, en rafle cinq de plus : les Verts reculent, passant de 17 à 9 sièges, mais le PS enregistre une forte progression.

 » FAIRE MIEUX ET PLUS VITE  »

Malgré son net recul en voix, la droite conserve ses huit mairies d’arrondissement. Alors que la gauche espérait ravir le 5e à Jean Tiberi (UMP), celui-ci a conservé son fief à la faveur d’une triangulaire avec le MoDem. Dans le 7e, Rachida Dati (UMP) est élue et la droite récupère le siège de conseiller de Paris gagné par la gauche en 2001. Dans le 8e, François Lebel, maire sortant (UMP), arrive largement en tête devant Pierre Lellouche, le candidat officiel de l’UMP. Malgré ce duel interne à la droite, celle-ci ne perd pas de siège.

 » La droite résiste « , voulait croire Mme de Panafieu, dimanche. Mais sa défaite aiguise les ambitions de tous ceux qui, à l’UMP, sont candidats au  » leadership  » de l’opposition, et ils sont nombreux. Claude Goasguen et Bernard Debré, élus sur la même liste, dans le 16e arrondissement, au premier tour, envisageraient de constituer chacun un groupe politique au Conseil de Paris.

De son côté, le MoDem ne sauve qu’un siège sur les dix qu’il détenait. Seule Marielle de Sarnez est réélue dans le 14e arrondissement.

S’efforçant, dimanche, de rester sur le terrain municipal, Bertrand Delanoë a invité les élus à se mettre très vite  » au travail « .  » Nous devons faire mieux et plus vite que dans le mandat qui s’achève « , a-t-il prévenu. Fort de sa victoire, le maire sortant est confronté à un double défi. Primo, il va devoir amplifier l’effort engagé depuis 2001 en matière de logement social, de construction de crèches et de développement des modes de transport alternatifs à la voiture. Secundo, il s’est assigné un nouvel objectif prioritaire :  » la création d’emplois  » à travers  » l’innovation et le développement durable « .

Seule  » une vraie solidarité  » entre la capitale et les départements limitrophes donnera  » son efficacité  » aux politiques du logement, des transports, et aux efforts de la Ville en matière de développement économique, indiquait-il dans Les Echos du 5 mars. Or, ce  » changement d’échelle  » ne se fera pas sans l’appui de la région et de l’Etat. Pour réaliser  » Paris-Métropole « , autrement dit le  » Grand Paris  » que Nicolas Sarkozy appelle aussi de ses voeux,M. Delanoë va devoir imaginer une forme de partenariat originale avec le chef de l’Etat.

  • Béatrice Jérôme
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