Conférence métropolitaine de l’agglomération parisienne : l’avenir de la gouvernance métropolitaine

©paris.fr

Laurent Lafon
Maire de Vincennes, Conseiller régional d’Île-de-France, membre de l’ACTEP
Président de séance

– Le territoire de la petite couronne a une organisation originale, avec l’importance des 3 départements,
l’émergence d’une quinzaine d’intercommunalités, l’imbrication évidente des bassins d’emploi, d’habitat, de
transport. La constitution d’une agglomération peut provoquer un risque d’effet de frontière avec les autres
départements et, plus globalement, avec les autres pôles et territoires régionaux ; d’où la nécessité d’éviter de
repousser plus loin la coupure entre Paris et la banlieue.
(…)
Pour conclure, la Conférence métropolitaine doit élaborer maintenant une méthode et un calendrier :
– pour revenir sur les découpages instaurés depuis le tournant des années soixante et rétablir un lien politicoadministratif
entre ces territoires voisins et solidaires ;
– pour articuler les différents niveaux de pouvoirs dans le continuum urbain dense, en associant la Région, les
Conseils généraux, les différentes intercommunalités ;
– pour combler le décalage entre l’offre des services urbains des grands opérateurs techniques et l’émiettement
politique, qui freine l’élaboration de stratégies de développement cohérentes.

Comparaison avec les
agglomérations de Madrid
et de Londres

Christian Lefèvre
Professeur à l’Université Paris 8 et chercheur au Laboratoire techniques, territoires, sociétés (LATTS)

– On a affaire, aussi bien à Londres qu’à Madrid, à des autorités politiques qui sont convaincues de l’importance
de relations fortes avec les milieux économiques.
(…)
– Les milieux économiques peuvent être des interlocuteurs parce qu’ils sont bien structurés et intégrés, ce qui
est très différent en l’Île-de-France.
(…)
– Malgré les tendances à la décentralisation et les discours sur la globalisation, l’État est toujours très présent.
A Londres, l’État central est très puissant et, à Madrid, étant donné le quasi-fédéralisme, on peut en partie
considérer la Communauté autonome comme un État.

Débat

Bertrand Delanoë
Maire de Paris

Un dernier mot : je préfère dire Paris Métropole que Grand Paris, pourquoi ? Il ne doit pas y avoir le moindre
soupçon de domination. Paris appartient à tout le monde. Je trouve qu’il faut éviter, dans les mots, dans les
intonations, tout ce qui ne se réfère pas à un sentiment d’appartenance commune et tout ce qui ne nous
donnerait pas à tous, à égalité, le meilleur, le plus prestigieux, le plus rayonnant, le plus stimulant.

Daniel Breuiller
Maire d’Arcueil, Conseiller général du Val-de-Marne, Vice-président de la Communauté d’agglomération
du Val de Bièvre, membre de la VSB

sur le produit fiscal des entités territoriales dont on parle, seuls 2 % sont redistribués, c’est-à-dire que l’essentiel
des produits ne l’est pas. Si on ne s’attaque pas à cette question, comment veut-on permettre une réduction
des inégalités, qui suppose des transports collectifs dans toutes les villes, et d’abord dans celles qui n’en ont
pas, des moyens pour les collectivités qui ont les populations les plus pauvres, les taux d’imposition et les taux
de fiscalité les plus élevés et la plus grande difficulté à réussir leurs aménagements ? Nous devrions partager un
diagnostic de la fiscalité.

Patrick Braouezec
Président de la Communauté d’agglomération Plaine Commune, Député, Conseiller municipal de Saint-Denis

Ce qui fait consensus est l’idée qu’on ne peut plus continuer à avoir un étalement urbain, source de gaspillages,
par conséquent la question de la densification de la première couronne ou de la zone centrale de la région
Île-de-France.
Nous pouvons être d’accord sur l’ordre des priorités, telles que Daniel Breuiller les a listées, à savoir sur le
contenu des objectifs que l’on se donne :
– réduction des inégalités, parce qu’il n’est plus possible qu’il y ait aggravation et même accélération des
inégalités sociales et territoriales dont toute la région pâtira ;
– environnement ;
dynamisme économique.

Gilles Catoire
Maire de Clichy-la-Garenne, Conseiller général des Hauts-de-Seine

En revanche, je suis contre la communauté urbaine, parce que transférer la gestion des trottoirs et de la voirie à
une structure centralisée, c’est tout le contraire de la gestion de proximité.
(…)
Enfin, nous avons parlé de Paris Métropole, cela me paraît une bonne formulation.

Christian Favier
Président du Conseil général du Val-de-Marne

En dernier ressort, les citoyens, dans un processus comme celui-là, devront avoir le dernier mot. Je partage
l’idée d’un référendum parce qu’une réforme d’une telle importance, qui va bouleverser pour une période longue
cette région capitale, ne peut pas se faire sans que les citoyens ne puissent également donner leur avis.

Michel Bourgain
Maire de L’Île-Saint-Denis

Sur la méthode, j’ai bien entendu que la seule réponse qu’il nous appartient de donner est de faire partager ces
grands débats au sein de l’ensemble de notre peuple. Pour cela, je propose que nous mettions en place un
forum démocratique métropolitain autour de l’avenir de notre configuration.

Jean-Pierre Brard
Député-Maire de Montreuil, membre de l’ACTEP

La priorité absolue doit être de travailler à une certaine homogénéisation sociale à l’échelle communale et
régionale, et, de concevoir les politiques économiques comme le levier de nos politiques sociales, avec de
nouvelles répartitions de la richesse. Je pense qu’il y a consensus entre nous.

Olivier Klein
Premier adjoint au Maire de Clichy-sous-Bois, Vice-président de la Communauté d’agglomération de
Clichy-Montfermeil

Au-delà de cette solidarité financière il faut aussi s’interroger sur les solidarités en terme d’aménagement du
territoire. Si on se bat si fort sur la question des transports pour les Clichois, c’est évidemment pour qu’ils aillent
travailler, mais c’est aussi pour que d’autres viennent à Clichy-sous-Bois faire leurs courses, aller au lycée et y
trouver une classe préparatoire de qualité. Il faudrait peut-être y implanter des UFR d’université. La question de
l’aménagement du territoire se pose.

Bertrand Kern
Maire de Pantin, Conseiller général de Seine-Saint-Denis

Paris et son coeur d’agglomération, c’est une capitale régionale, mais surtout nationale et européenne. Cela
pose la question de la place de l’État, clairement posée par le Président de la République. Il faudra que dans la
structure, qui pourrait s’appeler Paris Métropole, nous fassions attention à ce que l’État ne se ressaisisse pas de
la question et nous impose un certain nombre de choses.
(…)
Je suis convaincu que l’espace concerné se situe entre l’ancien Département de la Seine et les trois
départements limitrophes de Paris : Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine.
(…)
Paris Métropole ne pourra se faire
demain qu’à partir du moment où la carte de l’intercommunalité, qui n’est pas terminée en région Île-de-France
et dans le coeur de l’agglomération notamment, se terminera.

Synthèse
Philippe Laurent
Maire de Sceaux, Conseiller général des Hauts-de-Seine, Vice-président de la Communauté
d’agglomération des Hauts-de-Bièvre, membre de la VSB

Enfin, toute évolution vers une gouvernance métropolitaine renforcée ne saurait avoir pour but de gommer les
spécificités des territoires qui composent le corps de l’agglomération, mais au contraire, de les mettre en valeur
et de faire de cette diversité une force.
(…)
Tout processus de réflexion et d’élaboration d’un nouveau schéma de gouvernance doit ainsi nécessairement
prendre appui sur le respect du principe de subsidiarité, sur la légitimité des élus concernés, sur leurs capacités
à dessiner ensemble les contours d’une nouvelle organisation et sur une validation démocratique. Dans ce
processus, le rôle des maires est évidemment incontournable. Cette nouvelle organisation devra prendre
pleinement en compte les nombreuses spécificités de ce territoire au coeur de l’agglomération parisienne. Nous
sommes en effet certains qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, de solution toute prête.
Enfin, toute évolution vers une gouvernance métropolitaine renforcée ne saurait avoir pour but de gommer les
spécificités des territoires qui composent le corps de l’agglomération, mais au contraire, de les mettre en valeur
et de faire de cette diversité une force.

Source : http://www.paris.fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=52899

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