Huchon se rallie à l’idée de la création du Grand Paris

Laurence Chavane in Le Figaro© Tous droits réservés

Le président du conseil régional ne s’oppose plus à Nicolas Sarkozy qui veut mieux associer les communes alentour à la capitale.

Et si l’Ile-de-France devenait une région métropolitaine, une « ville-Land » comme certaines riches cités allemandes ? C’est le rêve de Jean-Paul Huchon. Ou tout du moins la solution du président du conseil régional pour ne pas se laisser isoler davantage dans le débat sur la création d’un Grand Paris, lancé avant l’été par le président de la République.
Car Paris, encerclé par son périphérique, souffre de son isolement. Par crainte de se faire étouffer par la capitale, les communes alentour n’ont pas cherché à développer des liens d’intercommunalité avec la ville-centre. Résultat, il n’existe aucune politique globale de logement, de transports et de développement économique à l’échelon de l’une des plus riches régions européennes.
Contrairement au maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a lancé une « conférence métropolitaine », dont le ton est d’ailleurs assez timide, Jean-Paul Huchon s’est toujours montré hostile à l’extension administrative de Paris. Par crainte que cela fasse de l’ombre à la Région. Il a donc annoncé hier qu’il avait changé d’avis : « La Région va prendre ses responsabilités. Il y a besoin d’intercommunalité. Je ne me mettrai pas en travers de la volonté de certains. Mais ce débat doit revenir aux élus. » Une grande conférence sera donc lancée par le conseil régional afin d’examiner toutes les formes administratives possibles de ce nouveau Paris-Ile-de-France.
Et, entre la grande communauté urbaine, plusieurs plus petites « communautés de communes » ou la multiplication de syndicats intercommunaux, Jean-Paul Huchon a aussi émis sa préférence. « L’agglomération, c’est la Région ! », a-t-il déclaré.

Prêt à renégocier
Cette manière de revenir dans le débat rappelle la façon dont le président de Région se montre prêt à renégocier le projet de schéma directeur de l’Ile-de-France (SDRIF). Le gouvernement vient en effet d’exprimer de nouveau ses « fortes réserves » sur la politique d’aménagement régionale, lui reprochant son « manque d’ambition ». Et a demandé que l’avis de l’État soit joint au dossier de l’enquête publique menée auprès des habitants à partir du 15 octobre. En réponse, Jean-Paul Huchon rétorque qu’il n’est pas dans son pouvoir de s’opposer à certaines décisions du gouvernement. Que c’est de la responsabilité de l’État que relèvent l’activité nocturne de Roissy (le SDRIF proposait un couvre-feu pour protéger le sommeil des habitants), les autoroutes urbaines ou le développement de la Défense qui est une opération d’intérêt national.
Mais à une condition : que les règles de la décentralisation soient respectées. Et donc que les élus ne soient pas écrasés par « l’État haussmannien, l’État jacobin ». On n’est plus « à l’époque de Zola », a revendiqué Jean-Paul Huchon en s’appuyant sur l’amélioration de la situation économique de la Région après la dégradation du début des années 2000.

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