Engager une réflexion à l’échelle du bassin de vie – 3 questions à Laurent Lafon, Maire de Vincennes

©Extramuros nº 16, Hiver 2006 2007
(Edité par la Mairie de Paris chaque trimestre, Extramuros est un outil de dialogue et d’information destiné à tous les acteurs franciliens de la coopération métropolitain)

Extramuros : Pourquoi participer à cette conférence métropolitaine ?

Laurent Lafon : J’ai toujours pensé qu’une concertation beaucoup plus forte entre Paris et les villes qui l’entourent devait exister. Cette coupure entre la ville centre et les villes périphériques me semble une aberration tant sur le plan urbanistique qu’au niveau historique. Il fallait bien arriver à rompre cet espace de non dialogue qui existait depuis des décennies. Par conséquent, tout ce qui peut concourir à des concertations et des travaux en commun entre Paris et les villes périphériques va évidemment dans le bon sens. Je suis bien conscient que cette nouvelle façon de travailler va changer certaines habitudes. Cela ne sera pas toujours facile. Mais toute initiative qui va dans ce sens semble devoir être soutenue. C’est donc pour cet ensemble de raisons que je suis allé à la conférence métropolitaine.

Extramuros : Vous parlez de travaux en commun, concrètement, comment cela peut-il s’articuler ?

Laurent Lafon : Cela passe d’abord par des visions partagées sur un certain nombre de problématiques. Paris doit entendre les préoccupations des villes riveraines. C’est extrêmement important sur des sujets comme la circulation et le stationnement, les transports en commun, le logement, les problématiques de développement économique. Pour toutes ces questions, les préoccupations des uns et des autres doivent être posées et connues de tous. Il s’agit dans un premier temps d’assurer ce rôle de concertation et de dialogue, après nous verrons.
Il y a tellement de choses à se dire sur ces sujets ! Evidemment, le dialogue ne suffira pas. Il faut une vraie prise en compte des préoccupations des uns et des autres. Prenons comme exemple la question la plus délicate actuellement : la circulation et le stationnement. Il s’agit d’étudier concrètement les conséquences sur les villes voisines de certains projets parisiens. Des préoccupations qui jusqu’à présent n’existaient pas. Paris doit mesurer les conséquences indirectes. Pour cela, il faut bien un espace de concertation, de discussion. Dès l’instant où cette instance existe, il est logique de prendre en compte les remarques formulées dans ce cadre.

Extramuros : Une coopération intercommunale est-elle possible ?

Laurent Lafon : Des sujets concernant plusieurs communes méritent d’être traités car je crois qu’il est extrêmement important – vu le passif relationnel entre Paris et les villes riveraines – qu’au-delà du souci de concertation qui s’exprime à travers la conférence métropolitaine, la Ville de Paris montre à la zone dense qu’elle a une volonté précise et concrète de travailler. Je pense notamment au problème d’engorgement de circulation de l’est parisien. Nous vivons sur le même territoire. Les riverains ne font pas de différence lorsqu’ils franchissent le périphérique. Donc, mener une politique d’un côté du périphérique qui n’aurait pas sa continuité de l’autre côté n’a pas de sens.

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