Conférence métropolitaine de l’agglomération parisienne

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(Extraits de compte rendu)

Pierre Mansat
adjoint au Maire de Paris,
chargé des relations avec les collectivités territoriales d’Ile-de-France

[La conférence métropolitaine de l’agglomération parisienne doit être] (…)lieu de débat et de dialogue, lieu de travail.

Structure souple mais solide et pérenne, nécessitant des règles du jeu.
1) Composition :
En sont membres les maires, les présidents d’EPCI, les présidents des conseils généraux qui le souhaitent, le
président de la Région et, en fonctions des débats qui auront lieu au sein de l’Association des Maires d’Ile-de-France (AMIF), le président de l’AMIF. On pourrait envisager l’association d’un conseil de développement
composé des grands acteurs de l’aménagement (entreprises de transport, CCIP(2), CES(3), Port autonome …).
2) Principes politiques :
__ Egalité complète : un élu compte pour un. Les maires participent eux-mêmes à cette conférence autant que possible. Le maire invitant est président de séance et l’ordre du jour et le lieu sont fixés à la fin de la séance précédente. La prochaine réunion sera à l’invitation de Jean-Pierre Brard, maire de Montreuil ;
consensus sur le choix des sujets discutés ;
__ absence de présidence mais appui sur un collectif d’animation permanent, un secrétariat (la proposition
pourrait être un représentant du président de la Région, du maire de Paris, le président de l’AMIF et un maire représentant de chaque courant politique). Le travail doit être soutenu et pourrait s’appuyer sur les
administrations.
__ Lieu évidemment non décisionnel mais instance forte de dialogue et de travail.

Gilles Catoire
Maire de Clichy-la-Garenne

Programme suggéré :
__ rôle des pôles économiques dans le développement territorial ;
__ politiques de déplacement ;
__ recrutement dans les filières sanitaires, sociales, médico-sociales ;
__ vieillissement de la population ;
__ actions d’aménagement (y compris expérimentales) dans l’urbanisme classique, le traitement de
l’insalubrité, le commerce, l’artisanat, l’habitat ancien dans la zone dense ;
__ traitement du très haut débit ;
__ organisation de la logistique, des réseaux, des aéroports, des ports, des routes… ;
__ tourisme (partenariat et offre touristique) ;
__ université (accueil des étudiants, des chercheurs, des étudiants étrangers et cadre scolaire (carte scolaire) ;
__ densité, qualité environnementale et voies d’eau.

Catherine Margaté
Maire de Malakoff

La conférence métropolitaine est certes un lieu de débat mais elle doit aussi se fixer des objectifs et avoir la
volonté d’y arriver.
Le contexte est complexe avec le projet de SDRIF, le rôle des institutions, des agglomérations et des villes.
On doit travailler sur les grands sujets, qui sont, à titre essentiel :
__ les questions liées aux transports et déplacements ;
__ le développement économique (comment peut-il profiter à tous ?) ;
__ le logement (comment réduire les inégalités et offrir des logements dont les franciliens ont besoin ?).

Jean-Paul Huchon
Président de la Région Ile-de-France

La Région est, en tout cas, partie prenante de l’initiative lancée aujourd’hui car c’est une démarche de maires, de présidents d’intercommunalité sans lesquels il n’y aurait pas d’aménagement du territoire régional et qui, seuls, peuvent tenter de desserrer l’étau de la décentralisation à la française. Il doit s’agir d’une machine à formuler et construire du consensus sur un certain nombre de sujets :
__ les portes de Paris ;
__ l’aménagement du fleuve ;
__ les grands axes de transport.

Michel Bourgain
Maire de l’Ile-Saint-Denis

S’agissant du rapport aux autres métropoles mondiales, la donne actuelle de compétition et de concurrence est une voie de court terme incapable d’améliorer le sort de leurs habitants. Il faut étendre notre coopération aux agglomérations planétaires dans le respect de l’identité et des originalités.

Bertrand Delanoë
Maire de Paris

Si nous nous parlons, entreprenons ensemble, toutes les populations de nos collectivités en bénéficieront.
Pour « rompre » avec ces décennies de mépris, il fallait d’abord rétablir le lien entre Paris et la Région. Je ne
ferai rien, jamais, qui puisse affaiblir la Région. Chercher ensuite des partenaires pour de la « pensée », de l’entreprise et de la vie communes. C’est le sens de l’action de Pierre Mansat et de l’équipe municipale.
Mais la construction du bilatéral ne suffit pas. Le problème n’est pas seulement Paris et ses voisins mais les
relations entre voisins, souvent indépendamment de Paris. La pression est considérable pour faire le Grand Paris, moi je suis contre, l’histoire est trop lourde. Le faire serait se mettre dans une situation de domination comparable aux temps anciens et affaiblir la Région. Je me battrai contre cela sans être immobile.
(…)
les problèmes des élus de l’agglomération
sont-ils ceux de toute l’Ile-de-France ? Cela se discute. Nous ne devons pas avoir une vue figée de l’espace.
Je voudrais revenir sur les sujets évoqués à l’échelle de la conférence métropolitaine :
__ déplacements et transports. De manière pragmatique, le plan de déplacement de Paris (PDP) ne sera
soumis au Conseil de Paris que quand il aura été discuté à fond avec les voisins, qui font aussi leurs plans de déplacement ;
__ dynamique économique : je ne crois pas que cela soit la dynamique économique de Paris qui entraîne celle des voisins, pas plus que l’inverse. Je crois qu’il faut contribuer ensemble à créer une dynamique commune ;
__ logement et habitat : le travail à faire est loin d’être achevé. Paris a financé en 2005 le tiers du logement
social de toute l’Ile-de-France ; la moitié de l’hébergement d’urgence est à Paris. Je n’en ferai pas moins mais il faut travailler ensemble, il faut trouver des solutions ensemble pour être plus performants ;
__ urbanisme : ces questions sont à l’évidence à traiter en commun sur un large périmètre (et peuvent aller
jusqu’en Essonne), rien ne s’arrête aux abords du périphérique. Ne nous enfermons dans aucun conformisme intellectuel ou structurel, du pragmatisme et du souci gestionnaire. Avançons de bonne foi, parmi les absents d’aujourd’hui il y a ceux qui sont partisans du Grand Paris et ceux qui sont d’accord avec nous mais qui appartiennent à un parti qui n’a pas voulu participer. Soyons accueillants, ils nous rejoindront, soyons créatifs ensemble.

André Santini
Maire d’Issy-les-Moulineaux

Ce qui nous soude, c’est le refus du Grand Paris. En positif, nous souhaitons reconstituer l’agora.
Nous avons 14 points de discussion avec Paris, parmi eux :
__ fin du prolongement du T2 (financement de Paris pour 13,5 millions) ;
__ navette fluviale avec ses 35 escales (idée Ville de Paris / AMIF), très bon exemple de travail en commun ;
__ logement un (mauvais) exemple, la société Aximo, HLM privée dont l’OPAC est actionnaire, a acheté
574 logements sur ma commune.

Manuel Valls
Maire d’Evry

(…)il faut travailler en commun sur :
__ aménagement universitaire (nous avons, avec le bénéfice du génopôle, un rôle majeur dans l’émergence du pôle de compétitivité Méditech Santé mais cette réflexion ne peut se faire sans Paris). Dans notre région, en matière de biotechnologies, chacun veut sa part ; à Barcelone, cela se concentre sur quelques km2. Il faut une réflexion commune avec Paris ;
__ transports et déplacements ; le problème de la grande banlieue ce n’est pas forcément les rocades mais le bon état des radiales (RER D) ;
__ développement économique, université et recherche, haute technologie ;
__ logement et logement social ;
__ carte hospitalière (ce qui se passe entre l’AP-HP et la Région).
Sans la conférence métropolitaine nous n’arriverons pas à traiter tout ça, c’est l’intérêt de la région qui pourra ainsi peser sur l’aménagement.

Gilbert Roger
Maire de Bondy

Il faut réfléchir à :
__ la répartition de la richesse ;
__ l’éducation et à la perméabilité entre Paris et la banlieue, le droit à l’université ;
__ les transports, il faut améliorer la régularité ;
__ des équipements fédérateurs comme lieux de développement commun (le stade de France, le futur lycée
international) ;
__ les SEM de Paris ne peuvent plus continuer à gérer de manière aussi « désagréable » les logements de
banlieue.

Daniel Breuiller
Maire d’Arcueil

L’absence de pouvoir institutionnel de la conférence doit permettre la franchise et la sincérité des discussions avec trois priorités de travail :
__ les transports : la zone dense doit se doter d’un métro en rocade et d’un réseau dense qui desserve
l’ensemble des équipements ;
__ le développement économique : il faut chercher des synergies, pas la concurrence ;
__ et surtout le logement : comment allons-nous construire ensemble les 60 000 logements nécessaires
chaque année ?

Jean-Jacques Karman
Vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis

La conférence métropolitaine ne doit pas aboutir au Grand Paris. Mais attention à toute idée de centralité (ou de plusieurs centralités) qui ferait aboutir le Grand Paris insidieusement.
Il faut une mise en commun, un lieu de réduction des inégalités et un lieu de suivi du SDRIF. Il est nécessaire de réfléchir sur les thèmes :
__ des transports ;
__ du logement ;
__ des activités productives ;
__ d’une taxe professionnelle unique régionale.

Daniel Guiraud
Maire des Lilas

Il nous faut, par exemple, travailler sur les thèmes :
__ du logement ;
__ des transports en commun.

Michel Berson
Président du Conseil général de l’Essonne

D’une logique de couronne
autour de Paris, on est passé à une logique de faisceaux depuis Paris. On peut citer deux exemples de
coopération exemplaires qui contribuent à lutter contre les déséquilibres Nord – Sud et zone dense – grande
couronne :
__ les départements de l’Essonne et du Val-de-Marne élaborent ensemble une stratégie de développement du pôle d’Orly ;
__ le cône sud francilien de l’innovation (Montagne Sainte Geneviève – Plateau de Saclay – Vallée Scientifique
de la Bièvres – Génopôle d’Evry) s’affirme comme un territoire d’excellence qui transcende chacun de ces
territoires.

La conférence métropolitaine ne doit pas être le lieu de légitimation des grands projets de la zone dense au
détriment de ceux de la grande couronne

Patrice Braouezec
Président de la communauté d’agglomération Plaine commune

L’Etat aussi doit également jouer un rôle. Il devra arbitrer le SDRIF et donc au préalable le partager. Or,
l’absence de l’UMP peut faire douter d’une vision partagée de la région Ile-de-France, au sujet des inégalités
sociales et territoriales notamment. Nous aurons également besoin de faire pression sur l’Etat pour le respect de nos objectifs.

Bernard Birsinger
Maire de Bobigny

Il est nécessaire de travailler sur les formes de la ville, la mixité des activités.

Mireille Ferri
Vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France

Les thématiques centrales sont :
__ la réduction des inégalités au sein de la zone dense (entre est et ouest, nord et sud) mais aussi contre les
décrochages silencieux, tels que ceux de l’est de la Seine et Marne, qui s’enfonce tranquillement. Nous sommes comptables de tout cela ;
__ le logement et la répartition du logement social, l’habitat insalubre ; comment faire porter cet effort
collectif ?
__ les transports : mise en oeuvre de moyens, effort de production où les localiser ? Au-delà des friches par
où commencer ? Compacité et réussite urbaine autour des transports et des équipements ;
__ la densité – compacité de la ville ;
__ les emplois à rapprocher des bassins de vie, ce qui suppose de nouvelles polarités.
Conférence métropolitaine, oui. Mais qui porte un autre défi, celui de l’aménagement et de l’identité francilienne.

Conclusion

Jacqueline Rouillon
Maire de Saint-Ouen
Ce qui nous réunit, c’est du positif plus que du négatif. On a des problèmes communs : réduction des inégalités sociales et spatiales, les décrochages silencieux et non silencieux nous interpellent. Il faut surmonter les dysfonctionnements. La coopération s’est trouvée en extension. La conférence métropolitaine c’est du projet à géométrie variable, que l’on travaille à plusieurs. L’échelle « particulière » de la zone dense, c’est la bonne échelle, il ne s’agit pas d’ignorer le reste. Il faut imbriquer les deux.
Les trois priorités, urgence absolue sont :
__ le développement économique ;
__ le transport ;
__ le logement et la politique foncière ;
mais aussi les espaces publics et la densité. Le vivre dans la zone dense, la qualité de l’habitat et de
l’environnement dans la zone dense autant que dans l’étalement urbain sont des défis ;
__ les navette fluviales et l’utilisation du fleuve ;
__ la recherche universitaire ;
__ la carte hospitalière ;
__ le vieillissement ;
__ le haut débit ;
__ la formation professionnelle.

Philippe Laurent
Maire de Sceaux

Quelques remarques puis des indications de méthode.
Le travail de Pierre Mansat a permis la tenue de cette conférence. Le travail des communes de banlieue a permis la reconstitution de leur identité. Si la conférence métropolitaine a pu avoir lieu c’est grâce à la perte d’un complexe, en effet on n’est pas « le syndicat des maires voisins de Paris ». Mais il faut aussi faire des
démarches pour que tous les maires aient leur place, notamment à l’égard de ceux qui n’ont pas souhaité venir aujourd’hui. Il s’agit d’une opération politique et non politicienne où tous les maires ont leur place. L’avenir est commun. Il faut vraiment essayer de les convaincre. Sur la question des limites, il n’y a pas à fixer de limite territoriale. Le critère, ce qui nous réunit, c’est la ville. On ne sait pas si bien traiter la ville en France, l’intensité urbaine, vivre en ville, pour beaucoup de nos concitoyens, est une forme d’enfer.
Il ne faut pas de structure institutionnelle. Mais il y a néanmoins contradiction quand on dit plus d’égalité
financière et fiscale. Il faudra bien y venir un jour. Il faut aussi réfléchir aux rôles des maires dans les modalités de suivi de la mise en oeuvre du SDRIF pour ne pas retomber dans les erreurs du passé.
Mode d’emploi de la conférence :
Maires et présidents d’EPCI, leur implication est très importante. Une charte des valeurs urbaines, texte
fondateur, est une bonne idée.
Mise en place de groupes de travail pour que l’on puisse travailler. Le secrétariat doit proposer des thèmes de travail, propositions et actions aussi, par exemple :
__ le logement étudiant ;
__ l’université ;
__ le vieillissement de la population.

Source : http://www.paris.fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=23279

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