Logement et transports au menu de la conférence Paris – Val-de-Marne

Inconnu, ©Extramuros nº 15, Été Automne 2006
(Edité par la Mairie de Paris chaque trimestre, Extramuros est un outil de dialogue et d’information destiné à tous les acteurs franciliens de la coopération métropolitain)

Un peu plus de deux ans après son lancement, la Conférence Paris – Val-de-Marne s’est réunie pour la seconde fois le 27 mars 2006 à Créteil. L’ordre du jour était chargé. Les élus ont entendu des exposés sur le schéma départemental d’aménagement du Val-de-Marne, la question des transports, avec la présentation du projet de rocade de métro et le plan de déplacement de Paris, et enfin sur le patrimoine des bailleurs sociaux parisiens en Val-de-Marne.
Si chacun de ces thèmes a suscité des échanges, on a aussi parlé de la façon d’améliorer le fonctionnement de la Conférence interdépartementale.

Le protocole adopté lors de la création de la conférence, le 13 novembre 2003, prévoyait la mise sur pied de groupes de travail autour de grands thèmes. Visiblement, ce mode de fonctionnement ne donne pas satisfaction. Les élus ont convenu de cette difficulté.
Au nom du Conseil général du Val-de-Marne, Laurent Garnier a proposé de remplacer le travail par thèmes par des rencontres autour de projets communs (lire l’interview ci-contre). L’idée a séduit tout le monde. D’autant que par ailleurs le dialogue instauré entre les deux collectivités s’avère fructueux.
Pierre Mansat, Adjoint au Maire de Paris chargé des relations avec les collectivités territoriales d’Ile-de-France, a résumé l’opinion générale en expliquant :  » cette conférence témoigne d’un processus nouveau qui a permis de développer une bonne réactivité sur certains dossiers, par exemple sur les pôles de compétitivité. Cette façon de travailler me semble pertinente dans la complexité institutionnelle de notre région, dans la multiplicité des acteurs. Notre conférence n’est pas un lieu de pouvoir : elle est un lieu d’échange, de dialogue et de travail « .
En conclusion de la rencontre, il a proposé une périodicité semestrielle pour les réunions plénières de la conférence, et que la prochaine, cet automne, se charge de redéfinir les groupes de travail.

Ne pas laisser le marché décider de tout
Il est apparu clairement à travers les travaux de la conférence qu’une idée nouvelle s’est désormais imposée : celle d’un développement multipolaire de la région et de sa zone dense. Fini, le temps où tout devait s’organiser en fonction d’un centre dominant. Lorsque les élus parisiens présents ont réaffirmé avec force que la capitale est bien décidée à en finir avec un développement  » par extension, par débordement « , ils ont rencontré l’assentiment unanime de ceux du Val-de-Marne. Reste que si on laisse les choses se faire sans intervenir, selon les seules règles du marché, c’est à un tout autre résultat que l’on aboutira.
 » Quand de grandes entreprises décident de quitter le centre de la capitale et de s’installer aux portes de Paris, ce n’est pas le fruit d’une décision municipale, a expliqué à ce sujet Pierre Mansat. Nous pensons que, pour que le développement soit bénéfique pour les habitants de l’Ile-de-France et égalitaire, il faut au contraire une intervention publique extrêmement forte. Il ne faut pas laisser le marché décider tout seul du lieu de travail, du domicile des personnes, les collectivités n’ayant plus qu’à fournir, en courant derrière, les moyens de transport et les équipements publics « .

Priorité au transport de banlieue à banlieue
C’est certainement à propos de cette intervention publique forte dans le domaine des transports en commun que les débats ont été les plus fournis. Jean-Marie Bretillon, Conseiller général et Maire de Charenton-le-Pont a suscité un certain nombre de réactions lorsqu’il a qualifié par exemple le tramway des Maréchaux de  » nouvelle barrière  » entre Paris et la banlieue. Mais plus que du tramway parisien, les élus se sont souciés des transports en commun en banlieue : l’amélioration indispensable des lignes RER B, C et D, et le projet de métro en rocade. Ce projet fait l’unanimité, toutes tendances politiques confondues. Jacques JP Martin, Conseiller général et Maire de Nogent-sur-Marne, qui n’appartient pourtant pas à la majorité départementale, a même tenu à préciser :  » nous sommes évidemment très favorables à la mise en place du métro en rocade. Il reste à définir l’endroit où cette rocade peut passer, de manière à ce qu’elle soit la plus efficace possible « . Daniel Davisse, vice-président du Conseil général du Val-de-Marne chargé des transports, de la voirie et des déplacements a estimé quant à lui que le métro de rocade  » répond à la problématique du déplacement de banlieue à banlieue, mais aussi à celle de l’allégement du trafic par Paris. Il représente aussi la liaison entre les grands pôles industriels et économiques. Il s’agit donc de la priorité majeure des dix à quinze prochaines années en matière de transports en commun « . Cette opinion est partagée par Denis Baupin, adjoint au maire de Paris chargé des transports, de la circulation, du stationnement et de la voirie. Il a rappelé que  » la Ville de Paris a affirmé, à travers ses délibérations et dans le cadre des réunions du STIF, que la priorité devait aller au transport de banlieue à banlieue. Il s’agit d’une question de rééquilibrage territorial. Cependant les projets sont d’envergure et longs. Nous savons qu’ils ne pourront pas être uniquement portés par Paris et le Val-de-Marne. Il est donc important qu’au travers du travail que nous menons ensemble, une force de proposition et de pression commune se constitue vis-à-vis de l’Etat et de la Région. Nous devons être en capacité de peser ensemble pour que les moyens soient réellement mobilisés pour des projets de cette envergure « . Daniel Breuiller, Conseiller général et maire d’Arcueil, devait de son côté insister sur les  » enjeux environnementaux  » portés par le métro de rocade. Et toujours à propos d’environnement, il a rappelé que  » la liaison des circulations douces est aussi un sujet d’importance. En l’occurrence, un projet nous réunit : il porte sur une promenade des aqueducs de la Vanne et du Loing « .

Des logements sociaux et des parcours résidentiels diversifiés
Bien sûr, si l’on a beaucoup parlé de la banlieue, notamment à propos des transports, on a aussi traité de questions parisiennes. Gisèle Stienevard, Adjointe au Maire de Paris chargée de la solidarité et des affaires sociales, est intervenue sur le patrimoine et la politique de logement. En question, les logements sociaux : la municipalité parisienne s’est engagée à en construire 4 000 par an malgré le coût élevé du foncier dans la capitale. Pierre Mansat a expliqué à cet égard que  » si on veut que cette région soit solidaire, moins inégalitaire, Paris doit relever des défis. Le premier est celui de la diversité sociale dans le coeur de la métropole, dans l’hypercentre. L’ensemble des couches sociales doit pouvoir avoir accès à Paris. C’est le sens de cette politique de logement parisienne ». Elle passe par l’élaboration d’une offre de logements sociaux, mais aussi par celle de parcours résidentiels diversifiés dans le coeur de l’agglomération, parcours qui peuvent faire l’objet de projets communs. À titre d’exemple, les élus parisiens ont cité l’accord conclu avec la Ville de Saint-Ouen pour un travail conjoint autour du territoire des docks. Ce territoire a une superficie d’une centaine d’hectares, dont un dixième est propriété de la Ville de Paris. Un travail commun pour la production de logements et d’équipements dans ce secteur est engagé. Cet exemple, ont-ils estimé, en appelle d’autres de même nature, notamment avec le département du Val-de-Marne.

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