Paris et son agglomération : une coopération à inventer

©paris.fr

La région parisienne est singulière. Ses maires n’y exercent pas exactement les mêmes responsabilités qu’en province. La notion de  » développement territorial  » – qui puise dans les ressources du territoire les moyens de son développement – y est largement ignorée. La création, voici une quarantaine d’année, des départements de la petite couronne répondait surtout à la nécessité de réinstaller l’Etat au cœur de banlieues grouillantes et redoutées du pouvoir central. Car l’Etat, ici, reste très présent, plus que n’importe où ailleurs et les maires sont de fait exclus du jeu normal des pouvoirs qu’ailleurs ils exercent pleinement, notamment à travers les structures intercommunales.

Cet état d’infériorité institutionnelle dans lequel se trouvent placés les maires d’Ile-de-France ne peut être  » compensé  » par le rôle particulier que joue le conseil régional, dont la légitimité politique reste faible et les moyens d’action limités.

En outre, le territoire de l’agglomération parisienne reste marqué, plus que tout autre en France, par de fortes inégalités de ressources et de pression fiscales locales, à peine corrigées par de timides mécanismes de péréquation.

La création d’une  » communauté urbaine  » regroupant Paris et les communes de l’aire urbanisée (soit environ 150 villes et 7 millions d’habitants) répondrait techniquement, sans aucun doute, à l’objectif de solidarité territoriale et du renforcement du pouvoir des maires. Mais cette solution est aujourd’hui repoussée tant par les maires, qui craignent le  » grand Paris « , que par l’Etat, qui préserve ainsi ses prérogatives, les départements et la région.

C’est pourquoi la nécessaire évolution institutionnelle de l’agglomération parisienne commence à se traduire aujourd’hui par la création communautés d’agglomération, organisées en  » pétales  » tout autour de Paris et  » pesant  » chacune entre 100 000 et 500 000 habitants. Ce processus est notamment à l’œuvre à l’est et au nord de Paris. Il s’ébranle au sud et à l’ouest : ainsi, plusieurs conseil municipaux, dont Sceaux, viennent de demander la création d’une communauté d’agglomération dans le sud des Hauts-de-Seine. A moyen terme, ces communautés, une fois inscrites dans le paysage institutionnel, pourront être le support d’un regroupement plus large avec Paris, pour un développement solidaire et concerté, avec tous les maires, de l’ensemble du territoire de l’agglomération.

Par leur proximité et leur légitimité, les maires de l’agglomération parisienne sont les acteurs incontournables du consensus nécessaire dans la recherche de cette nouvelle organisation. Ils sont, seuls, à même de concilier la nécessaire préservation de l’identité communale et l’indispensable renforcement de la coopération intercommunale afin de gérer efficacement les services publics destinés aux habitants d’Ile-de-France et d’assurer un développement équilibré du territoire francilien.

 

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