Loi sur l’extension des limites de Paris

Les nouvelles limites retenues pour Paris sont les anciennes fortifications de Thiers.
« Les limites de Paris sont portées jusqu’au pied du glacis de l’enceinte fortifiée ».

L’enceinte de Thiers: construite de 1841 à 1844, 7802 hectares. L’enceinte recouvrait à peu près les boulevards des Maréchaux actuels, avec un glacis s’étendant jusqu’à l’emplacement du boulevard périphérique. Cette enceinte de 33 kilomètres était constituée de 94 bastions, 17 portes, 23 barrières, 8 passages de chemins de fer, 5 passages de rivières ou canaux et 8 poternes, formant un anneau non constructible de 300 m de large, l’ensemble doublé par 16 forts détachés

source: Paris Gen Web

(Enceinte de Thiers)

Les événements de 1814 et 1815 avaient démontré la nécessité de fortifier la capitale. Une Commission de Défense du Territoire fut chargée « de présenter ses vues sur le meilleur système de défense ». Le 18 juillet 1820, elle conclut à la nécessité de mettre Paris en état de défense […]
Mais ce n’est qu’en 1840, suite au traité qui excluait la France de l’Union Européenne, qu’Adolphe Thiers, alors chef du gouvernement, voulant assurer Paris contre les éventualités d’une nouvelle invasion, fit déclarer d’utilité publique et d’urgence la construction de cette septième enceinte. Le traité fut signé le 15 juillet 1840. […]
Où allait-on établir cette fortification ? Le projet excluait toute idée de lui faire suivre les actuelles limites communales des Fermiers Généraux, c’était impossible au milieu des quartiers habités. Il fallait la repousser dans le département de la Seine, au-delà des communes limitrophes de Paris ; Auteuil, Passy, les Batignolles, Montmartre, La Chapelle, Charonne, Bercy, Vaugirard et Grenelle seront donc inclus dans la limite militaire et non dans la limite administrative.
Résultait une gigantesque couronne elliptique de près de 34 km, sur une largeur de 140 m couvrant le rempart, son fossé et glacis, soit une surface de 4 962 641 m² de bois, terres de culture, jardins, marais, et enclos bâtis.
L’article 8 prévoyait en outre une zone « non aedificandi » (où il était interdit de bâtir) de 250 m en avant du fossé.
L’article 9 spécifiait : « les limites actuelles de l’octroi de la ville de Paris ne pourront changer qu’en vertu d’une loi spéciale ». […]

(Loi du 26 mai 1859)

L’octroi, agissant aux 56 anciennes barrières du mur des Fermiers Généraux, est supprimé suite à un projet de loi adopté le 26 mai 1859 par la Chambre de Députés et rendu effectif le 1er janvier 1860. Il est reporté jusqu’au pied du glacis des fortifications de Thiers, la ceinture militaire se confondant ainsi avec la ceinture administrative et les portes d’entrées cumulant la fonction de postes d’octroi.

Onze communes sont supprimées : Auteuil, Passy, Batignolles, Montmartre, La Chapelle, la Villette, Belleville, Charonne, Bercy, Vaugirard et Grenelle : six sont démembrées : Neuilly, le Pré Saint-Gervais, Saint-Mandé, Ivry, Gentilly, Montrouge, Issy ; sept autres ne perdent que de petites parcelles. Toutes ces agglomérations s’incorporent entre l’ancienne et la nouvelle enceinte et sont annexées à Paris […]

Désormais Paris accuse 11 km sur son grand axe horizontal et 9 km sur son axe vertical. Sa superficie passe soudainement de 3370 hectares à 7802 hectares, sa population triple pratiquement, 1 700 000 habitants, un pour 45m².

Guy Le Halle

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